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POUR L’AMOUR DE MONNA LISA (Rizzo/Bonaccorso)

BD. 1910, Paris. Même si cela fait quelques années déjà qu’il vit en France, Vincenzo Peruggia a toujours autant de mal à accepter la façon dont on traite les immigrés italiens : méprisé dans la rue, au quotidien, il doit aussi subir le dédain de son chef au Louvre, monsieur Gobier, qui le rabaisse (et lui retient de l’argent sur sa paie…) dès qu’il le peut…Heureusement, il y a Elisa, une italienne qui vit dans sa rue, dont il ne peut oublier le sourire…Quand Elisa disparaît, Vincenzo traverse une période difficile et un jour, décide, il ne sait pas vraiment pourquoi (peut-être parce que Monna Lisa lui rappelait son Elisa ou parce qu’il pensait qu’elle devait être restituée à l’Italie…), de voler La Joconde, le tableau de Vinci, le jour de la fermeture du Louvre…

On avait déjà lu le duo Rizzo/Bonaccorso, avec le très émouvant Jan Karski – L’Homme qui a découvert l’holocauste, qui revient ici dans un registre plus léger : le vol de La Joconde par un italien en 1911. Et tout est vrai ici, le récit étant basé sur les recherches de Rizzo dans les archives : le vol de Vincenzo ; la peinture restée cachée dans sa chambre, sous son lit, pendant de longs mois ; sa volonté de la vendre à un musée de Florence pour que l’œuvre soit rendue (il pensait que Napoléon l’avait volée lors de sa campagne italienne) à son pays ; son procès ; le soutien populaire dont Vincenzo bénéficia (à sa sortie, un comité de soutien lui remit même de l’argent pour l’aider) mais aussi l’enquête et l’arrestation, à ses débuts, de Picasso et Apollinaire qui furent soupçonnés…

Une affaire cocasse et assez drôle qui permet néanmoins aux auteurs de rappeler aussi la façon (on l’a peut-être oubliée…) dont les immigrés italiens étaient traités à l’époque et les conditions de vie sordides dans lesquelles ils vivaient la plupart du temps et d’évoquer l’histoire, mouvementée, de cette peinture qui n’est devenue célèbre qu’assez tardivement, probablement en partie “grâce” à son vol par Peruggia et à la médiatisation qui entoura l’affaire.

Un récit vraiment intéressant, plus riche qu’il n’y paraît et très agréablement mis en images par Bonaccorso, d’un trait souple et tendre (qui rappelle le travail d’Alfred à ses débuts, notamment sur Le Désespoir du singe) rehaussé d’aplats informatiques sépia idoines.

(Récit complet, 112 pages – Steinkis)

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