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LE PASSAGER DU POLARLYS (Bocquet/Cailleaux, d’après Simenon)

BD. Quand Georges Simenon descend à Paris avec sa femme (ils sont belges) pour faire carrière, il sait qu’il doit d’abord s’aguerrir. Pour “apprendre le métier”, il sortira ainsi, entre 1923 et 1930, des dizaines de contes ou nouvelles et pas moins de 176 romans populaires sous des pseudonymes divers et variés. Puis il monte ses exigences d’un cran et passe à la “semi-littérature” en créant Maigret. 6 romans avec ce commissaire hors normes sortiront en 1930. La même année, il sort son premier roman “dur” (parce qu’il lui a demandé plus d’efforts et d’énergie), qu’il estime être, enfin, de la littérature, sous forme de feuilleton : Un Crime à bord qui paraîtra deux ans plus tard en livre avec un autre titre : Le Passager du Polarlys, inspiré d’un voyage, périlleux, que l’auteur fit avec sa femme depuis les côtes norvégiennes jusqu’à l’océan Arctique. Un “whodunnit” à la Agatha Christie qui commence à Paris dans le quartier Montparnasse avec la découverte du corps inerte d’une jeune femme, Marie Baron, dans un appartement, après une fête et se poursuit sur un bateau, le Polarlys, à bord duquel le tueur aurait embarqué. S’en suivent divers évènements étranges et autres rebondissements avant que l’on ne découvre qui a fait le coup. Une intrigue classique pour qui connaît les récits policiers de l’époque et qui peut paraître un peu pâle comparée aux romans noirs actuels mais son adaptation, qui a le mérite de nous faire découvrir ce premier roman “dur” de Simenon, signée Bocquet et Cailleaux, est réussie. La narration du premier est fluide et rythmée tandis que le second livre une partition graphique très aboutie : un trait fin et élégant rehaussé d’un important travail sur les effets de matière : des ombres charbonneuses alliées à des peintures aux tons froids -des gris, des bleus, des noirs très arctiques- des pastels…, le tout mis en valeur par une édition très soignée : beau papier, jaquette, postface signée Bocquet qui revient sur la carrière de Simenon tout en livrant quelques anecdotes à son sujet. Tout cela fait de ce Passager du Polarlys une lecture plaisante, qui lance la commémoration des 120 ans de la naissance de l’auteur. Suivront, en effet, toujours chez Dargaud, une autre adaptation de l’un de ses romans, La neige était sale, par Fromental et Yslaire puis une biographie dessinée par Loustal.

(Récit complet, 80 pages – Dargaud)

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