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SUMMIT (Mo Malø)

ROMAN. Mo Malø est bien français malgré ce pseudo scandinave et le flou que son éditeur entretient savamment autour de ses origines. Mais quand on veut faire dans le polar qui a pour décor le Groenland, autant aller au bout du jeu et se moquer (et profiter ?) au passage de la mode des auteurs scandinaves (si vous avez un nom scandinave, votre polar est un succès assuré ! Si si essayez !). Et il revient avec une nouvelle (en)quête de son inspecteur Qaanaaq Adriensen. Toujours aussi efficace et haletante. Cette fois, dans Summit, les tensions entre Adriensen et son supérieur au Danemark, Arne Jacobsen, surnommé la fourmi, sont poussées à leur paroxysme. Car ce dernier a en effet profité de la première réunion de la SPA, Scandinavian Police Association, qui œuvre pour une collaboration plus étroite entre les polices scandinaves, que l’on a demandé à Adriensen d’organiser au Groenland, pour tirer les ficelles en coulisses et faire en sorte que celle-ci soit un fiasco afin de décrédibiliser Adriensen et son équipe groenlandaise. Ainsi, c’est par exemple Horason, le policier suédois qui disparaît, dès son arrivée, à l’aérogare de Kangerlussacq. Puis le finlandais Mäkinen qui prend une balle dans la poitrine lors d’une chasse à l’ours qui a pour objectif de resserrer les liens des participants…Enfin, c’est le museau d’un chien meneur de traineau que l’on a enduit de sel pour brouiller son odorat et perdre l’expédition au beau milieu de la nuit polaire dans l’inlandsis…Mais quand Sara Kaspersen, une proche de Jacobsen, disparait, Adriensen comprend que la fourmi n’est pas le seul responsable de ce chaos…

Un scénario qui permet à Mo Malø de proposer un “whodunnit” (les différents participants à la réunion de la SPA savent que le coupable est parmi eux, de quoi devenir totalement parano…) original (Summit propose quand même un huis clos dans l’inlandsis…) et habile tout en poursuivant la quête d’identité de son héros Qaanaaq (est-il un Inuk ou seulement un colon danois ?) à qui cette nouvelle enquête forcée va apporter son lot de révélations, pas toutes très agréables, concernant ses parents adoptifs, Flora et Knut, et son passé. Un nouveau volet (le quatrième) redoutable d’efficacité, toujours aussi bien écrit et qui a ce petit côté singulier en plus puisqu’il nous plonge, comme ses prédécesseurs, dans la culture groenlandaise, en jalonnant la narration de mots en kalaallisut (Pis, imaka, nanook…) et en faisant régulièrement référence aux traditions (comme les tatouages tissés) et coutumes Inuit. Et comme l’auteur, en plus de proposer une conclusion coup de poing très convaincante, glisse un cliffhanger très malin et accrocheur dans les dernières pages, on prend déjà rendez-vous pour la suite des aventures de Qaanaaq Adriensen !

(Récit complet, 400 pages – La Martinière)

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