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UNE ROMANCE ANGLAISE (Hyman/Fromental)

BD. Trainé dans la boue par la presse, accusé de proxénétisme par la cour, à bout, Stephen Ward ne veut plus qu’une chose : raconter sa version des faits pour que tout le monde sache, enfin, la vérité sur cette histoire. Et comme il ne peut pas le faire au tribunal, il s’enregistre sur un magnétophone à la maison. Il raconte. Comment lui, simple ostéopathe et portraitiste à ses heures, a eu, petit à petit, ses entrées parmi le beau monde. Invité dans les clubs prestigieux, il a côtoyé et est devenu ami avec des lords et des ministres. Comment il leur a présenté de jeunes et belles amies à lui, notamment Christine, dont il était devenu le pygmalion, pour agrémenter leurs soirées et mettre du piment dans leurs vies sexuelles un peu trop ternes. Ou comment le MI5 l’a ensuite contacté pour lui demander de se rapprocher d’Ivanov, un agent russe, pour lui soutirer, le moment venu, des informations qui pourraient s’avérer capitales en cette période de guerre froide…

Après Le Coup de Prague, Hyman et Fromental remettent le couvert avec Une Romance anglaise, dans un registre et une atmosphère très proches. Agents secrets qui tirent les ficelles en coulisses, sexe, hommes politiques : voici le cocktail du scandale Profumo (du nom du ministre de la guerre de l’époque) qui agita l’Angleterre dans les années 60 et que les deux auteurs ont décidé de revisiter ici. En donnant la parole à l’une de ses victimes collatérales qui ne pût quasiment pas se défendre (le secret d’état l’empêchait, lui et ses avocats, de divulguer certains éléments de l’Affaire…) à l’époque : Stephen Ward, narrateur d’Une Romance anglaise. L’histoire d’un homme simple, ostéopathe, qui rêvait de mener la grande vie dans les clubs prestigieux réservés habituellement aux lords et aux hommes politiques, entouré de jolies filles mais qui finit par mettre le doigt dans un engrenage, l’espionnage, qui allait le perdre…Toujours aussi bien racontée par Fromental (la narration est un modèle de mécanique réglée au quart de tour…) et Hyman (dont le style graphique très personnel influencé par les réalistes américains du XXe comme Hopper ou Wood, aussi élégant qu’inquiétant, est un pur régal). Un bon petit polar à l’ancienne sur fond de guerre froide et de libération sexuelle.

(Récit complet, 104 pages – Aire libre)

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