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FORDAMAGE
"s/t"
(kythibong)
Alors qu'on connaissait certains des membres adeptes de l'indie-folk (my
name is nobody), voilà que Fordamage montre l'aspect le plus déviant
de leur personnalité ! D'entrée, le groupe nous assène
de violents coups de noise barrée, guitare grinçante et
sadique, basse puissante et cris en tout genre. Et la formule fonctionne,
rejoignant les regrettés Gordz au royaume des dingos à guitare
(par gentillesse, nous prendrons le riff de "teckel" comme un
hommage au trio parisien plus que comme une copie !). Les nantais aiment
brouiller les pistes, déstructurer, pousser le vice… Tant
mieux, leur folie est contagieuse et l'écoute des premiers titres
nous donne une violente envie de nous jeter par terre, imitant la crise
d'épilepsie. Dommage que l'alchimie est tendance a s'estomper sur
la longueur de l'album (moins de 30 minutes pourtant), comme souvent dans
le style. On s'émerveille sur la folie énergisante des premiers
titres, l'étrangeté déstabilisante, puis, sur la
fin du disque, on commence à décrocher, soit parce que les
titres semblent moins inspirés (c'est une réalité),
soit par overdose de son dissonant ? Hors l'absence d'un chant charismatique,
qui ouvrirait un peu la palette du groupe, ne permet pas aux nantais de
rattraper l'auditeur. L'instabilité constante a malheureusement
tendance à fatiguer. Mais peu importe, si ce premier essai aurait
donner un bien meilleur maxi, il n'en reste pas moins un album honnête
qui devrait ravir les amateurs de noise abrasive, et qui donne envie de
suivre l'affaire.
[mg]
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Voir aussi : Gordz, Arab on Radar, Ned, Shellac, Ex Models, Sloy
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ANYWAY
"Dead End"
(silver rocket - more noise less music)
Après un album sorti chez Day After en 2002, les tchèques
de Anyway rejoignent l'écurie Silver Rocket, et continuent de nous
abreuver d'un punk émotionnel de haute volée. En effet,
si parfois le groupe manque légèrement de tenue, il n'en
est pas moins un représentant à retenir d'une scène
tchèque en pleine forme. Leur punk est noisy, mélodique,
frontale et énergique. Les amateurs du label Dischord devraient
y retrouver des affinités. On se souvient d'ailleurs de leur reprise
de Nation of Ulysses sur le tribute to Dischord sorti chez Millipede records
(chronique ici) qui montrait déjà
un groupe plein de bons goûts. On retrouve d'ailleurs certaines
guitares dissonantes typiques du groupe de la Nation des Ulysses sur "Lost".
Mais l'influence principale des tchèques semble rester Fugazi,
avec ce mélange de dissonances et de mélodies, de décharges
d'adrénaline et d'émotions étranges. Pas question
pour autant de passer en mode indie, Anyway garde toute l'agressivité
d'un bon groupe hardcore, n'hésitant pas à foncer tête
baisser ("i feel bad" a même un petit côté
Universal Order of Armaggedon !). Et je vous ai dit que le chanteur
sortait parfois son Harmonica ? Une belle découverte.
[mg]
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Voir aussi : Fugazi, Dawnbreed, Nation of Ulysses, Hüsker Dü,
Dead Kennedys, Mudhoney
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AND
SAY WE DID
"Final demonstration"
(Basement Apes Ind / Head)
A sa séparation avec le groupe français Superstatic Revolution,
le bassiste Cyril Blandino s'installe aux US et s'acoquine avec trois
gars de Cleveland, Ohio. Dans cette union improbable, il passe alors d'une
quatre cordes à une six pour un exercice musical qui a de la gueule.
Je dis "exercice" car comme toutes les formations pratiquant
un math-core, elle suit des schémas rigoureux, arithmétique
pointilleuse et une géométrie chiadée. Impossible
bien sûr de ne pas évoquer parmi les grands maîtres
du genre des groupes comme Don caballero et Keelhaul… Leur théorie
est néanmoins intéressante parce qu'elle cherche à
éviter tout cloisonnement musical. Elle brasse les styles (postrock,
metal, post-hardcore…) en articulant bien ses démonstrations.
Techniquement parlant, le quatuor ne tente pas de surjouer. Il reste agréablement
modeste mais constructif. Et surtout, il affiche de la cohérence
dans les émotions qu'il cherche à délivrer. Il n'empêche
que, comme toujours dans ce genre de production, la digestion des multiples
plans et idées est assez diffcile. Mes préférences
iront justement vers des morceaux courts comme le très bien ficelé
"dietiss" et le très June of 44 "Jungle thing".
Une bone leçon donc pour un album posthume efficace. Et oui, le
fin mot de l'histoire c'est que le groupe n'est plus. Cyril et Billy,
le bassiste s'en sont allés former Endagenda. Une nouvelle aventure
commence…
[chRisA]
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Voir aussi : Don caballero, Keelhaul, Endagenda, Goodbye Diana
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DE
ROSA
“Mend”
(Chemikal underground)
Le premier contact que l’on a avec “Mend” se fait, bien
sûr, par l’entremise de sa pochette, une peinture sombre et
expressive. Je la trouve personnellement très forte. Certains la
diront certainement peu engageante. Mais il serait dommage de ne pas aller
au-delà des apparences car cette compilation de morceaux écrits
sur 4 ans entre 2001 et 2005 par De Rosa vaut le détour.
Ce groupe s’échine en effet à être aussi inventif
que possible, histoire de brouiller les pistes et de surprendre l’auditeur.
La base de sa musique est un folk-pop qui peut muer très rapidement
au gré des humeurs même si celles-ci restent, vous l’avez
compris, principalement mélancoliques. On pourrait ainsi citer
certains morceaux comme “New Lanark”, plutôt calme et
triste ou “Camera” plus nerveux et noisy. Mais ce qui fait
LA qualité de “Mend”, c’est son côté
habité et tourmenté. De Rosa nous donne l’impression
de littéralement lever le voile sur ses états d’âme,
sans fausse pudeur. Du coup, cet album dégage véritablement
quelque chose, c’est le moins que l’on puisse dire. Il devrait
mettre d’accord fans de Radiohead, Quickspace et Sebadoh. Rien que
ça…
[sullivan]
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Voir aussi : Quickspace, Sebadoh, Radiohead
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DEVONMILES
"Nine Hundred"
(HB rds)
Avec ce 5 titres, le groupe d'Orléans semble réunir ses
principales influences : noise des années 90 (principalement),
emo et post-hardcore. Les guitares oscille entre affrontement noise et
notes baladeuses… Ce sont d'ailleurs ces guitares, chiadées
et intéressantes, qui retiendront le plus l'attention sur ce disque.
Les gars doivent rêver devant le jeu du guitariste de Pretty Girls
Make Grave à mon avis ! Pour le reste, le groupe refuse un peu
trop de perdre le contrôle et joue la carte mélodique à
fond. Le chant semble en être le principal instigateur, couvrant
par la même occasion une certaine émotion plus complexe que
développe la musique. On retrouve ainsi l'ambiguïté
de groupe comme Portobello Bones, hésitant entre une culture noise
et des mélodies exacerbées… Mais vu les guitares,
je pense que le groupe peut aller plus loin, avec des ambiances plus personnelles,
et sans doute plus tendues. A suivre, comme on dit.
[mg]
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Voir aussi : Condense, Sleeppers, Portobello Bones, Pretty Girls Make
Grave, Fugazi, Burning Heads
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OFF
YOUR HEAD
"Ties are Eternal"
(headcorerecords)
Bon, c'est vrai qu'à la vue de la photo du groupe, j'avais vraiment
peur de tomber sur un ersatz de Blink 182, mais à l'écoute
du disque, je supporte plutôt bien leur punk rock'n'roll. Les gars
nous font pourtant les coups classiques du style, mais vu qu'ils sont
peu à avoir le niveau en France, je ne suis pas encore blasé.
Off Your Head balancent donc 15 brûlots hardcore très formatés
; entendez par là une production plutôt gros bras, du calibrage
mélodique assez précis, une touche très rock'n'roll
(the Hives sont passés par là), du "whou" bien
tendance, et quelques morceaux pour tatoués en Marcel blanc. Alors,
c'est vrai que présenté ainsi, on a peur de l'écœurement
; c'est vrai aussi que parfois l'influence de The Hives devient trop évidente,
même passée à la moulinette punk californienne (à
quand une signature chez Side One Dummy ?). Mais, on ne peut nier que
le quatuor le fait plutôt bien, et arrive à tirer son épingle
du jeu avec un culture plus hardcore (ils citent avec plus ou moins de
justesse Youth Brigade et Jello Biaffra)… Bref, Off Your Head a
tendance à naviguer dans des eaux bien peu profondes, mais si on
accepte de pogoter un peu avec les djeunes "punks" habillés
en Diabolik, je suis sûr qu'on pourra passer un bon moment !
[mg]
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Voir aussi : The Hives, Nofx, Rocket from the Crypt, Rise Against
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