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COMMODOR
driving out of focus
(distile)

Derrière un nom nous renvoyant directement au début de l'informatique grand public (et son fameux Commodore 64 de 1982), se cache en réalité un trio originaire de Suisse, Genève plus exactement. Avec ce premier album, Commodor nous présente un noise rock tendu à souhait, mais bien plus mélodique que la plupart des groupes actuels. Et dès le début, on sent que Unwound ne les a pas laissés insensibles… Pas besoin de lire la bio pour s'en rendre compte. Dès le troisième titre (Don Starsky) le gimmick de guitare, particulièrement bien trouvé, est plus qu'inspiré ! Toute l'humeur de ce morceau nous renvoie d'ailleurs au trio américain, souvent oublié aujourd'hui. Et rien que pour ça, on pardonne largement l'inspiration peu discrète, et on profite. Par moment, comme sur Drifting Figures, les Suisse vont plutôt titiller les très mélodiques Jawbox… Adriano Perlini n'est cependant pas Jay Robbins, et il faudra à l'auditeur quelques secondes d'adaptation pour se faire aux manières du chanteur suisse. Je suis sûr que certains resteront à l'écart de ce disque à cause du chant… il en va ainsi. Au moins, Commodor ne nous fait pas le coup de la musique instrumentale, même s'il laisse de longues plages sans chant. Au final, le trio évolue dans un univers qui me touche, mais qui reste malheureusement assez ingrat, tant les passages sur la brèche ne tolèrent aucun laissé aller. Et cela coûtera cher aux Suisse qui ne passent pas toutes les épreuves avec facilité. On retrouve bien de superbes plans de guitares (et de superbes plans tout court), et des ambiances qui rappellent, avec plaisir, Unwound ; on sent aussi que les explosions noise doivent avoir de l'effet en live, mais on ne finit pas complètement conquis… ni vraiment déçu ceci dit. On est peut-être gêné par certains faux pas du chant, ou quelques passages vraiment trop mélo, mais je crois que l'album manque définitivement de morceaux imparables, d'idées vraiment fortes. Du coup, malgré son intérêt indéniable, ce "driving out of focus" risque de ne toucher que les spécialistes habitués aux albums sans tubes, mais c'est dommage, car on sent que le groupe avait plus à offrir.
[mg]

+++ voir aussi : Unwound, Ventura


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