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AGASKODO TELIVEREK
psycho goulash
(mindfinger rds)

Ça commence avec une petite guitare pernicieuse, une seconde plus punk, puis une batterie syncopée, et une chanteuse japonaise aimant les bonbons acidulés et les pochettes colorées… Dès le premier titre de ce second album, les dès sont jetés. Agaskodo Teliverek fait dans l'excessif incontrôlé. Deux hongrois aux looks absurdes de comptables jouant au tennis essaient de brouiller les cartes ; les années 80, pleine de mauvais goût, sont à l'embuscade… La Goulash ne sera pas facile à ingurgiter tant le groupe a décidé de mettre dans la casserole toutes ses influences, mais, pour les courageux, le repas ne manquera pas de goût. Le quatuor semble jouer avec tous les codes d'une certaine culture indépendante (pop, mathrock, rock progressif ou régressif, punk, noise, krautrock, sixties, etc.)… Chant japonais aidant, on retrouve la même envie de tout mélanger que chez les savants fous de Deerhoof. Avec moins d'aisance et d'inspiration peut-être, (et en plus punk) mais les londoniens aiment eux aussi jouer avec les changements de rythmes, expérimenter tout en offrant une musique sautillante, lancer des thèmes absurdes avant de retomber sur de bons riffs noisy, dérégler des machines synthétiques et déformer les codes de la musique pop. On trouvera même dans ce "Pycho Goulash" quelques sonorités venues de l'Est sur "Szazhalombatta disco" (sans doute un clin d'œil aux origines hongroises des deux guitaristes). Pour sûr, les bougres ont des idées à revendre ! Sans aucun doute trop, ce qui les fait se prendre les pieds dans le tapis quelques fois… Mais peu importe, cette nouvelle vision du trip psychédélique se veut aussi jouissive qu'abusive. Dès qu'on commence à ne plus supporter leur délirium aigüe, un gimmick simple vous ramène dans la transe… Le cas contraire est évidement de rigueur.
Sur des titres comme Bastard Cabbage, ou Satyricana, la chanteuse nous montre qu'elle sait aussi jouer la démence avec ses hurlements furieux ma foi plutôt réussis… Et le final sixtisant de Johnny Paprika me renvoie avec bonheur à Ne Nous Fachons Pas. Délicieux ! Bref, avec cet album, le groupe touche autant la Grace d'un Deerhoof que l'écœurement d'un Yes hongrois sous extasie (mention spéciale pour leur look immonde)… A vous de faire le tri à leur place !
[mg]

+++ voir aussi : Deerhoof, Captain Beefheart, Mike Patton, Gogol Bordello

 


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