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CAFE FLESH
i dumped my wife i killed my dog
(furne / head rds)

S'il y a une équation que Cafe Flesh a acquise, c'est bien celle qui lie noise et rock'n'roll baveux. En effet, s'il y a bien une leçon laissée par des précurseurs comme Jesus Lizard ou, dans une moindre mesure Cows, c'est bien que la noise et ses dissonances maniaques ne sont jamais aussi jouissives que quand elles s'acoquinent avec l'esprit bouseux du white trash américain, santiags à l'appui. Sur ce second album, sorti en coproduction entre Furne (leur label) et Head records, les gars de Jarnac n'y vont pas par quatre chemins et le gros rock à tendance heavy est revendiqué. Ça traîne la savate, attitude de branleurs assumée, ça braille à tout va, et ça lance ses gros riffs à la gueule de qui voudra bien les recevoir. Et il faut bien avouer qu'avec la culture parfaite des enfants de Jarnac (élevés aux sons de Touch'nGo, AmRep et autres Dischord), la formule a tendance à prendre. L'entrée dans ce disque est superbe avec cette petite ambiance blues nous entraînant vers le coup de massue, guitare en embuscade. La classe. En général, la guitare assure, surtout quand elle titille l'arpège étrange. Derrière, la basse gonfle le tout, sans folie, mais avec efficacité. Ce n'est d'ailleurs pas rare que le groupe entraîne l'auditeur dans le headbanging à l'aide de riffs lourds et bien rebondis ! De l'énergie pure pendant 40 minutes. Malheureusement, ce qui fait la force de Cafe Flesh peut aussi se retourner contre lui. A force de jouer les mauvais garçons, les deux pieds dans l'attitude rock'n'roll, le groupe oublie un peu la finesse, indispensable à l'équation dont nous parlions au début de cette chronique. A force de brailler, le chant, par exemple, peut venir à saouler… d'autant plus qu'il laisse peut de place vide. Le groupe semble toujours foncer droit devant, batterie toute en furie. Et si Cafe Flesh maîtrise parfaitement son profil white trash, il ne devrait pas délaisser autant l'aspect plus travaillé. Pour un David Yow destroy, il faut un Duane Denison minutieux, pas d'alternative sur ce terrain. Et si Cafe Flesh sort là un second album digne de nos attentes (donc réussi), il a peut-être sous estimé cet aspect.
[mg]

+++ voir aussi : Jesus Lizard, AC/DC

 


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