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NEW
BRUTALISM
actual record
(rejuvenation)
Un concept : reprendre les choses là où les avait laissées Shellac avec "At Action Park". Un amour : l'alu, avec lequel ils fabriquent leurs propres instruments et amplis. Guère besoin d'en dire plus, et pourtant chaque nouvelle sortie de ce trio américain fait son petit effet. Pourquoi ? Parce que si New Brutalism ne cherchent pas à innover comme leurs maîtres (qui ont d'ailleurs tendance à s'y brûler les ailes), ils poussent plus encore le bouchon, insistent, creusent toujours plus, affinent. Et avec un tel nom, pas question de s'adoucir. Du coup, ce nouvel album (enregistré en fait en 2005) qui vient enfin s'échouer sur nos côtes grâce au label Rejuvenation, me cueille à nouveau comme une fleur. Je sais à quoi m'attendre, et je tombe dans le panneau à chaque fois. De la belle pochette à la symétrie parfaite (un remake de la pochette intérieure de A Record of American Fury, un précédent album — dommage que Reju ne sorte que la version CD), au son, signé encore une fois Bob Weston, tout fonctionne à merveille. Questions compos, le groupe nous livre du grand art : basse-batterie les deux pieds dans la tradition, un titre final sur lequel on jurerait entendre Shellac, quelques escapades presque personnelles au chant (excellent) et à la guitare, et surtout, tout au long de ces 30 minutes, une énergie que la bande à Albini doit avoir du mal à ne pas regretter. Du coup, New Brutalism est si convaincu de son concept, qu'on n'en oublie presque l'original, et qu'on prend un réel plaisir à écouter ses 9 titres plus intenses que jamais (les titres sont intitulés 058 à 067 comme le veut leur dogme — seul le 064 n'y est pas). Et si toute cette histoire n'était en fait qu'une publicité pour leur fabrique d'instruments en alu et d'amplis (toujours bien mentionnée sur leurs disques)? Ou peut-être est-ce un side project fantôme des membres de Shellac voulant revenir aux sources ? Une chose est sûre, peu de copieurs arrivent à faire tant d'effet. Joli.
+ voir aussi : Shellac, Big'n
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