SUR LA
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SOFT PACK
the soft pack
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King Of Jeans
LIARS
sisterworld
(Mute)
Voilà presque trois longues années que les Liars avaient cessé de mentir au monde du rock. Il leur aura fallu tout ce temps pour nous livrer leur nouvelle boîte à cachotteries. Celle de ce coffret au packaging très "Tate Modern" nous laisse face à une petite porte. Pénétrons ses secrets ! Entrons dans le monde toujours aussi énigmatique et imprévisible de ces trois américains et vérifions leur santé mentale et artistique ! Le blanc clinique et faussement pure de la pochette se marie très bien avec l'aspect fantômatique de "Scissor", hall d'entrée de ce cinquième album. Mais on a tout de suite raison de croire que cette lugubre sérénité cache encore des démons et les entailles virevoltantes du refrain (?) nous confirment qu'on est bien là où l'on doit être. Les Liars sont toujours plus à l'aise sans leurs camisoles. Cet excellent et percutant début donne le ton. Les morceaux sont polymorphes, les mélodies bancales, la schizophrénie est rampante et les expérimentations giclent. La présence forte de cordes (violons, violoncelle), d'instruments à vent (basson, trombone) sur les premiers et derniers titres marquent immédiatement les esprits. Elle contribue à donner beaucoup d'homogénéité à l'ensemble - ce qui manquait indéniablement sur leur album éponyme de 2007. Les ambiances créées donnent un caractère grave mais pas dramatique. Et plus on progresse dans l'album plus les surprises sont bonnes. On peut passer en un rien de temps d'influences Kurt Weilliennes, à des sonorités trip hop, à des arpèges inquiétants tout en passant par des riffs punk vintage à peine dégrossis ("Scarecrows On A Killer Slant" + "I Still Can See An Outside World"). Monde passionnant dans lequel on ne sait jamais ce qu'il y a derrière la colline. Mais on avance en confiance avec ce plaisir jouissif de ne pas avoir affaire à un simple album de rock. L'approche arty est très palpable mais jamais prétentieuse. Dans leurs obsessions expérimentales, le trio ne se perd jamais en cours et tient son univers créatif dans des chansons très souvent 'catchy' mais jamais lisses. Un beau mélange d'audacité, de simplicité et d'efficacité pour un superbe travail de composition. L'excellente production à géométrie variable prend tout son sens artistique ici. Elle s'applique à restituer avec subtilité et énergie chaque émotion délivrée. Les américains ont sans doute progressé dans le fait qu'ils savent mieux assembler. Car il faut assurément une bonne dose de maturité pour pétrir cette fusion de sons (musique classique, noise, punk, electro) sans en payer les pots cassés. C'est donc un grand plaisir et un émerveillement constant que de voir ces menteurs (qui sur la pochette donnent toujours l'impression de se chercher) toujours aussi ambitieux et conquérants. Depuis "They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top" (2002), Angus Andrew, Aaron Hemphill et Julian Gross prennent des risques et cet album marque une nouvelle étape dans la cohérence de leur art ! Grande réussite. Sans nul doute l'une des bornes musicales de 2010 ! A noter que l'album est accompagné d'une soeur jumelle. Le trio a invité de nombreux artistes (Alan Vega, Kazu Makino, Tunde Adebimpe, Melvins, Devendra Banhart etc...) à remixer, réinterpréter tous les titres de "Sisterworld". La frangine n'échappe pas à la règle car il était fort à parier que dans ce genre d'exercice la réussite n'allait pas être de mise. Hats off pour Thom Yorke néanmoins.
(chRisA)
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