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INTERPOL
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Des dates en première partie de U2 (dont une au Stade de France !), des morceaux écrits pour les B.O. des séries "Friends" et "Six Feet Under", des albums qui sortent dans de multiples versions (classique, digipack, deluxe…) : Interpol a une façon assez crispante de mener sa "carrière" ! Jusque là la qualité de leurs albums faisait oublier ces choix très discutables. Musicalement, il n’y avait en effet pas grand chose à reprocher aux new-yorkais : rarement tristesse et désespoir avaient été aussi beaux que sur "Turn on the Bright Lights" ou "Antics", leurs deux premiers albums.
Bien sûr il fallait s’attendre à ce que le groupe évolue pour éviter de se répéter. Mais la voie choisie par le quatuor laisse cependant perplexe. Car si le groupe continue de creuser un sillon très 80s britannique, il laisse entrer de plus en plus de lumière dans son univers auparavant très sombre et le post-punk des débuts fait de plus en plus de place à la pop.
Certes on retrouve ici ces guitares (encore souvent inspirées) majoritairement plaintives et pleines de reverb’, cette basse souvent ronde, presque dub, comme sur "Summer Well", et cette batterie, de moins en moins sobre cependant, qui s’emploient une nouvelle fois à créer des ambiances tristes et touchantes. Mais les claviers, apparus sur "Antics", prennent graduellement de plus en plus (et parfois trop) de place et des cuivres (comme sur "Memory Serves") ou des chœurs apparaissent ici ou là.
Cela fonctionne pourtant encore très bien sur la première moitié de l’album avec les très bons "Lights", "Success" ou "Memory Serves", morceaux véritablement transcendés par le chant profond et si expressif de Paul Banks (dont le timbre fait toujours parfois penser à celui de Ian Curtis) qui a une capacité à prendre aux tripes et à vous filer des frissons assez incroyable. Malheureusement, ça se gâte un peu par la suite avec des morceaux plus lisses ("Try it on"), dispensables ("All of the ways") voire carrément mauvais ("The Undoing", qui clôt l’album). Interpol fait de la surenchère et se perd dans des morceaux alambiqués et peu inspirés. Même la voix de Banks n’y peut pas grand chose.
Inégal, cet album éponyme propose une photo de pochette très symbolique, qui ne manque pas d’interpeler : on y voit le nom du groupe littéralement voler en éclat. Difficile de ne pas y voir la fin d’un cycle (ou même du groupe ?) avec le départ du bassiste Carlos D. (il est remplacé par David Pajo, l’ex-Slint, sur les concerts), l’un des fondateurs et leaders d’Interpol.
[sullivan]

+ voir aussi : The Smiths, The Chameleons, New Order, The Psychedelic Furs, Joy Division



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