Un pied dans le rock australien, l’autre sur la route 66, aux Etats-Unis… mais le cul bien posé dans le Périgord ! Voilà ce qui présentera parfaitement Red Eye Ball. J’avais déjà croisé leur chemin à l’occasion d’un split avec Turtle Ramblers. On retrouve chez eux l’âme des Thompson Rollets, référence du rock périgourdin des 90’s. Red Eye Ball est en effet le nouveau projet de Jean-Jean, leur guitariste chanteur, et ça s’entend. Même respect des conventions du rock, tendance gras et malpoli. Même attachement à certains refrains pop-punk, comme si les Burning Heads s’incrustaient de temps à autres dans les compos du groupe. Même qualité de composition. Même voix typée. Les années 90 se retrouvent aussi dans le choix de Fred Norguet pour l’enregistrement (choix étonnant en 2012), ou sur la photo de l’insert. Une chose est sûre, ici, le respect des traditions est une profession de foie, même si ces traditions sont sauvages et rebelles. Et les gars savent y faire. On aurait sans doute aimé un peu plus de folie, de radicalité ou de cradingue, mais peu importe, voilà un disque qui ressemble à l’image que j’ai de ces concepteurs — sincères et accueillants — et c’est bien le plus important. « The rock, the punk, the pop » comme ils disent.
Pour ne rien gâcher, le trio s’est fait plaisir en emballant ce 6 titres dans une pochette double album, dont l’épaisseur relancera à elle seule l’industrie du carton. Pochette, qui, une fois dépliée, se transforme en plateau de jeux, pour de folles parties d’une sorte de jeu de l’oie du rock en Dordogne.
Et puisque ces gars là sont du genre à vouloir en mettre un maximum, ils réservent encore quelques autres surprises (notamment sur le CD offert avec le vinyle)… Le cœur sur la main je vous dis.

(Vinyle – some produkt)