Mise en avant > Le bon, la brute et le truand



>> Être et Avoir (de Nicolas Phillibert)


>> Bloody Sunday
(de P. Greengrass)

> Bloody Sunday > Etre et Avoir

Deux films aussi opposés que complémentaires ont retenu mon attention ces derniers jours. D'un côté, Bloody Sunday m'a replongé dans l'horreur de cette manifestation tragique survenue en Irlande, il y a à peine 30 ans, de la haine si facilement présente dans ce genre de conflit, de l'ignominie stratégique de certains corps de l'armée, du mensonge et de la bassesse humaine… Puis quelques jours plus tard, Être et Avoir m'a redonné un peu de baume au cœur, avec son professeur simple et ouvert, son petit bout de vie sincère et juste. C'est marrant, ces deux films ont quelque chose d'identique à mes yeux. Les deux ne m'ont pas appris grand chose de neuf, ils n'ont fait que rappeler des vérités si criantes à mes yeux. Le dimanche sanglant qui coûta la vie à 13 manifestants, et fait 14 blessés, est un fait connu de toutes personnes se donnant la peine d'ouvrir ses yeux et ses oreilles. Le fait que la police ou l'armée puissent "déraper", mentir pour couvrir ses délits, ou monter des stratégies démoniaques pour arriver à ses fins, n'est pas nouveau. Il suffit de revenir un peu sur les évènements de Gênes de l'année dernière (voir les premiers résultats de l'enquête dans notre rubrique "politique") pour savoir que ce genre de "dérapage" pourrait facilement recommencer en Europe. Dès que la pression monte, il devient plus acceptable de "déraper". Si ce film revient sur un événement historique pour les Irlandais en particulier, il pointe plus largement le doigt sur un comportement qui devrait permettre au spectateur de se questionner sur Gênes ou les nombreuses dérives anti-terroristes actuelles. Il en va de même pour Être et Avoir qui nous recentre sur un exemple de scènes simples de l'enfance. Rien d'extraordinaire à cela si ce n'est que la solution passe par là. Bien entendu, certains problèmes typiquement citadins sont obligatoirement absents du film, mais cela permet de se tourner vers des rapports plus profonds. Ici, rien d'extrême, pas d'artillerie lourde, pas de complot démonté ni de propagande (même si, comme avec Amélie Poulain, certains amateurs de la polémique mal placée pourraient en trouver), non, rien qu'un petit moment d'honnêteté et de disponibilité aussi important qu'universel. Et pour ceux qui se plaindront de ne pas voir les aspects plus violents de certaines villes, je pense qu'ils n'ont pas compris ce film, et que le mieux serait alors pour eux de regarder n'importe quel documentaire passant en prime-time sur TF1 pour se soulager. Bref, je n'ai ni l'envie, ni la prétention de faire la critique détaillée de ces deux films, je voulais juste revenir sur deux réalisations qui peuvent ouvrir la discussion et pousser à la réflexion, d'une façon bien différente mais, à mon avis, terriblement complémentaire.
[Mathieu]

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Autres coups de cœur / coups de gueule :
> Incident lors du concert des Victims Family
> le livre "Fucked up + Photocopied"
> le concert de Les Savy Fav

> le site rennais kFuel
> le site STNT