BOLT AND BISCUIT
(LP + CD 12 titres)

Enregistré par Miguel Constantino
Disponible pour 14 euros port compris (frais paypal inclus)
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un
chèque de 13 euros (port compris) à l'attention de No Reason
51 rue paul vaillant couturier -
92240 malakoff - france
Avec Bolt And Biscuit, Kimmo semble toujours tourné vers l’orient, mais au lieu d’insister sur les japoniaiseries larmoyantes typique des disques citroniques de Blonde Redhead, comme c’était un peu trop le cas sur After The Show, leur EP précédent (déjà chez Rejuvenation), les quatre parisiens se font maintenant un malin plaisir de nous servir des chinoiseries dont ils ont le secret, et ce dans la bonne humeur. Elles sortent d’où ces étranges mélodies aux couleurs inhabituelles ? Ce sont parfois les lignes de chants de Natasha qui donnent cette très étrange impression que la belle Eli Medeiros de l’époque Stinky Toys serait en train de reprendre le Hong Kong Garden de Siouxsie, d’autres fois ce sont les guitares qui semblent dévaler les rizières du Yunnan. Vous pouvez ressortir vos Raincoats pour la mousson : Kimmo est ici intenable, alignant, tous crocs dehors, des passages tendus et d’une grande originalité comme si ces derniers mois ils n’avaient mangé que du chien enragé. Les morceaux ayant cet étrange goût d’un post-punk à la mode dimsum sont en nombre dans Bolt And Biscuit. C’est ce qui donne à cet album un incroyable optimisme, un vrai côté ludique et une énergie régénératrice, le tout démultiplié par l’enregistrement de Miguel Constantino qui arrive à te faire croire que Kimmo a installé son matos dans ton salon. Dès l’intro enlevée de Kikkoman – un clin d’œil aux lyonnais d’Akiko ? -, on se doutait bien que l’ambiance (électrique) allait être à la fête, mais pas que. J’ai parlé de dimsum un peu plus haut, et si mon cantonais n’est pas encore trop rouillé, je crois que ce terme peut se traduire par quelque chose comme « touche au cœur ». Dans le mille : l’émo. Une des grandes spécialités de la plupart des groupes de chez Rejuvenation. L’émo, oui, mais l’émo comme dans emocore, ce dans quoi baignaient la majeure partie des combos de chez Dischord au début des 90’s. L’émo avec la grande classe, du groove et des idées à foison. Comme chez Hoover, par exemple, un groupe qui n’a certainement pas laissé indifférente la section rythmique de Kimmo. La transition avec June Of 44 ? Rien de plus facile. Elle s’était faite avec la basse de Fred Erskine – pas le premier venu -, et Kimmo n’oublie pas non plus de faire tourner des plans qui sentent bon les Four Great Points, avec un soupçon de dub, et des boucles de guitares qui, comme sur Coureur de Fond, rappelleront les entourloupes combinées de Sean Meadows et Jeff Mueller. Le reste, c’est un équilibre parfait entre deux voix, une féminine, qui peut aller d’un beau chant fragile mais éclairé, à la 27, aux étonnantes intonations orientales (interventions souvent bi-syllabiques et placées sur le un et le deux de la mesure, d’où la ressemblance avec Blonde Redhead qui tend à persister, mais The Au Pairs veillent également au grain) dont j’ai déjà parlées, et une masculine, plutôt tournée vers les gueulantes indispensables au bon fonctionnement de la Kimmothérapie. Et puis c’est aussi un tube dont je pourrai jamais plus me passer, qui dit « Turn off the radio, alright ! » lors de son refrain, et qui s’enfonce tellement loin dans les conduits auditifs qu’ils ont décidé de l’intituler Coton tige. Eux appellent ça de la « musique ouvrière distinguée », et ce qui est sûr, c’est qu’avec Bolt And Biscuit, la Longue Marche (en avant) vient de commencer pour Kimmo. Alors que jusqu’à présent leur musique me laissait impassible, ils viennent de me faire connaître une petite révolution intérieure, me faisant directement passer du « Kimmo, no ! » au « Kimmo, (fuck) YES ! » [Bil]
chronique publiée sur positiverage.com
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