EP. Le duo lyonnais composé de Fred et Gaëlle continue son petit bonhomme de chemin, à l’abri des regards, et toujours en total autonomie (de la composition, à la sortie, en passant par le mixage). Et si le groupe ne semble pas vouloir sortir de sa tanière pour venir à notre rencontre, ce sera à vous de venir à sa tanière. Ce que ce nouveau EP (numéroté comme à leur habitude #3 puisqu’il s’agit du troisième, le vie est bien faite) vous invite à faire. Et dès le premier morceau (#19, puisqu’il doit s’agir du dix-neuvième morceau du groupe, tout est logique), on sent que Nod Off a pris une belle assurance. Que d’évolution depuis leur début ! On retrouve toujours ce groove syncopé typique du duo, mais le propos semble aujourd’hui plus frontal, plus bruyant, et légèrement plus énervé, ce que le groupe avait commencé à faire avec son premier album (LP#1 si vous suivez), mais ici le son s’est épaissit et un effort à été apporté à la production. Dès le début, on sait que cela sera gros, ce que nous annonce d’entrée de jeu ces notes de basses mastodontes en introduction (j’ai cru qu’on allait partir sur du Fugazi, ah ah). Tout cela leur va à ravir. Et si le duo continue de créer un monde bricolé bien à lui, l’énergie qui se dégage de ce nouvel EP me renvoie parfois à celle de The Ex, et notamment leur collaboration avec Tom Cora, qui reste un monument pour moi. Même si beaucoup d’influences (plutôt tirées des années 90) semblent avoir été digérées ici et qu’il serait bien réducteur de comparer le groupe uniquement à The Ex. Bref, en 4 morceaux, Nod Off nous embarque dans un monde plutôt noisy que j’imagine proche d’un conte étrange et un peu flippant. Le duo semble nous raconter des histoires toutes plus folles les unes que les autres, avec la voix attachante de Gaëlle et les réponses sombres de Fred. Sans doute leur meilleur sortie à ce jour. Du grand art, dont on espère voir une version live un jour.
(4 titres – My Silly Dog rds)



