ALBUM. Après un deuxième album, Stumpwork, paru en 2022, qui avait surpris tout son monde, Dry Cleaning revient avec Secret Love, toujours sur 4AD, et la même formule musicale tout en l’ouvrant à d’autres influences. Pourquoi changer alors que le groupe a trouvé sa voie et que ça marche ? Si l’effet de surprise ne joue plus sur Secret Love, ce nouvel opus fonctionne cependant toujours aussi bien. On y retrouve donc ce qui avait fait le succès de Stumpwork : ce mélange bien personnel de rythmiques ayant une préférence pour le mid-tempo, de chant féminin, souvent parlé et un brin désinvolte, signé Florence Shaw et de guitares, plus inspirées qu’à leur tour, distillées par Thomas Dowse. Et si la qualité de composition du groupe est évidente, c’est bien, une nouvelle fois, le guitariste qui transcende souvent le post-punk arty de Dry Cleaning avec ses riffs aussi variés que bien sentis, alternant guitare acoustique (sur Let Me Grow and You Will See The Fruit ou Joy, par exemple), accords dissonnants, voire no wave (Cruise Ship Designer ou Evil Evil Idiot) ou riffs accrocheurs (Hit My Head All Day ; Secret Love ; My Soul/Half Pint). Proposant des humeurs variées et n’hésitant pas à incorporer des genres différents (peut-être l’influence de Cate Le Bon, qui a produit l’album) comme l’Americana sur le refrain de The Cute Things, le jazz sur Let me Grow and You Will See The Fruit, l’ambient sur I need you ou la pop sur Joy, Secret Love se montre une nouvelle fois convaincant, proposant son lot de bons morceaux, dont ressortent clairement Hit My Head All Day, le premier single avec sa basse groovy et son refrain entêtant, My Soul/Half Pint et sa guitare enthousiasmante et le plus enlevé et menaçant Rocks. Une belle confirmation !
(4AD)