Cela donne un livre précieux, passionnant pour qui lit Sfar car il donne l’opportunité rare de le voir se livrer vraiment. L’auteur s’y montre comme à l’accoutumée : volubile, outrancier, parfois un brin arrogant, il a un avis sur tout. Mais d’autres facettes de sa personnalité, plus inattendues, apparaissent aussi, comme cette fragilité qui affleure parfois, notamment quand l’auteur évoque ce besoin (qui viendrait de l’éducation de son père) de toujours vouloir prouver qu’il est capable de réussir dans ce qu’il entreprend et de constamment se mesurer aux autres (ce qu’il nomme son penchant pour le « concours de bites »).Ce qui explique pourquoi, après avoir sorti plus de 100 livres de bande dessinée, Sfar est devenu directeur de collection (chez Gallimard, avec « Bayou »), s’est frotté au cinéma (« Gainsbourg, la vie héroïque » puis « Le chat du rabbin »), a été commissaire d’exposition (pour l’expo « Brassens » à la cité de la musique) et va bientôt sortir ses premiers romans (en mars chez Albin Michel) !
Notre homme est en fait resté un grand gamin touche à tout (il mêle philosophie, monstres, amour, littérature et aventure, entre autres, dans ses livres) à qui il faut sans cesse de nouveaux jouets pour continuer à s’amuser. Mais rassurez-vous : il avoue ici avoir toujours besoin de revenir à son joujou originel : son papier et ses crayons, son « cheval à bascules » à lui…Un très beau portrait, richement illustré d’extraits de ses œuvres mais aussi de photos rares et de quelques dessins inédits, indispensable pour les fans.
(Entretiens – Les impressions nouvelles)