Mais les 22 albums (et il n’y en aura pas plus puisqu’Hergé a refusé que la série ne se poursuive après sa mort) de la saga d’Hergé n’ont pas encore livré tous leurs secrets. C’est en tout cas ce dont les Tintinologues sont convaincus. Certains d’entre eux ont participé en 2003 à un Colloque intitulé « Les albums de Tintin – Une mythologie pour notre temps » et ce livre rassemble en fait leurs diverses contributions.
Spécialistes de l’œuvre Tintinesque, Benoit Peeters revient ainsi sur les débuts, fortuits, du jeune reporter (au départ, Tintin était juste le personnage d’une histoire en une page parue dans l’hebdomadaire « Le sifflet » en décembre 1928) ; Dominique Cerbelaud explore les analogies existant entre les personnages de la série et ceux du Nouveau Testament ; Albert Algoud se propose de réhabiliter, avec panache, Séraphin Lampion, personnage trop souvent décrié par la critique Tintinophile à son goût ou Jean-Marie Apostolidès met à jour la construction (autour de la fratrie Tintin, Tournesol, Haddock) de l’univers Hergéen.
Tour à tour amusants, pertinents, érudits ou surprenants, ces essais, en mettant à jour certaines de ses influences, démontrent en tout cas qu’Hergé a crée une œuvre foisonnante, bien plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord et, du coup, ouverte à toutes sortes de lectures et interprétations. Un ouvrage étonnant donc qui nous fait redécouvrir le « Tintin » de notre enfance, sous un jour résolument différent. A réserver cependant aux fans ultimes du petit blond à la houppe !
(Essais – Les impressions nouvelles)