Pour cette commande, Bilal a opté pour le même dispositif que pour « Un siècle d’amour », qu’il avait réalisé en collaboration avec Dan Franck : un dessin avec, en regard, une histoire. Sauf qu’ici le « dessin » est le fruit d’un travail graphique hors normes : l’auteur a pris 400 photos d’œuvres ou d’endroits du Louvre, puis en a sélectionné 22 pour leur lien spécial avec un fantôme, fantôme que Bilal a ensuite incarné à l’acrylique rehaussé de pastels en surimpression de la photo (au préalable tirée sur une toile grand format), donnant vraiment la sensation étonnante que le revenant est comme prisonnier de l’œuvre, qu’il erre et « flotte » autour. Puis l’auteur propose une biographie, complètement inventée, bien entendu, mais réaliste et détaillée, à chaque fois tragique et teintée d’humour noir, du revenant en question, qui éclaire son lien avec l’œuvre avec laquelle il est représenté.
Un très beau livre (l’édition est superbe !), vraiment surprenant et résolument différent, qui met en exergue une autre facette du travail de Bilal, tout aussi virtuose, qui touche à l’art contemporain. Travail que l’on peut admirer grandeur nature puisque ses toiles sont exposées au Louvre dans la salle des Sept-Cheminées jusqu’au 18 mars !
(Récit complet – Futuropolis)