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PALMER DANS LE ROUGE (Pétillon/Larcenet)

BD. C’est la panique chez les Grolo-Laglotte : leur fille a disparu ! Dans la lettre qu’elle a laissée, elle explique vouloir changer de vie et surtout refuser de se marier avec John, un américain propriétaire d’un domaine réputé de Californie. Embêtant, d’autant que leur union (leur assemblage?) devait remettre le domaine Grolo-Laglotte, situé en bord de Médoc, à flot…Et bien sûr c’est le moment que choisit le fameux américain pour débarquer…Heureusement, Ange, le cousin corse de madame est présent et il a une idée : un détective privé, Palmer, qu’il a connu sur son île, devrait réussir à retrouver Bénédicte pour que le mariage ait bien lieu…

Non, non vous ne rêvez pas : le célèbre détective privé Jack Palmer est bien de retour dans un scénario signé de René Pétillon lui-même, son créateur pourtant disparu en 2018. En fait, il se trouve que l’auteur avait quasiment terminé son écriture quand il est mort. Et Larcenet, fan de sa série, a accepté de mettre ce Palmer dans le rouge en images. Pour l’occasion, comme à chaque fois qu’il s’agit de BD d’humour, il est bien entendu revenu à son style graphique gros nez (et il y en a quelques uns dans le récit, à commencer par celui du héros…) habituel réalisé à la palette. Totalement adapté à l’univers de Palmer. Et livre un bel hommage (notamment à travers sa conclusion, pétillante) qui nous propose une plongée, au propre comme au figuré, dans le Bordeaux. Avec, au programme, découvertes de chais, dégustations avec des œnologues et visites de foires au vin. Et Palmer fait bien sûr du Palmer : ses investigations vont le mettre sur la piste d’un trafic de vin et de vignerons prêts à tout pour ne pas se faire prendre mais après les quelques maladresses habituelles et beaucoup de chance, il finira, évidemment, par les mettre hors d’état de nuire tout en retrouvant, miraculeusement, Bénédicte, la jeune femme disparue. Un scénario globalement bien charpenté. Côté humour, Pétillon fait feu de tout bois : si le mélange de français et d’anglais (« She’s gone to Australia sans prévenir me ? »), utilisé à chaque fois que l’américain s’exprime, n’est pas des plus original, les nombreux jeux de mot et les facéties de Palmer fonctionnent, quant à elles, toujours bien. Tout comme les personnages d’Ange et de Baracou (le maître de chai) aux caractères bien trempés. Cela débouche sur quelques scènes vraiment drôles, comme celle de la dégustation avec l’œnologue, qui brocardent gentiment le microcosme viticole.

Au final, ce Palmer dans le rouge, qui se déguste avec plaisir, est un bon cru…sans être un grand millésime non plus.

(Récit complet, 68 pages – Dargaud)

sullivan:
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