BD. Violeta a 13 ans. Depuis qu’elle a écouté des cassettes de son grand-père juste après sa mort, elle est devenue punk. Et elle a acquis des pouvoirs : ceux de voir les monstres qui menacent la ville avec leurs désirs d’ordre et de discipline et de les mettre hors d’état de nuire. Depuis, avec son pote Alan, armée de son walkman et de ses écouteurs, elle veille, prête à revêtir son costume de super héroïne à la moindre menace…
Après Shamisen et Kabuki, tous 2 empreints de culture japonaise et scénarisés par Tiago Minamisaura, Guilherme Petreca revient avec un récit plus personnel, dont il a cette fois écrit le scénario avec Mirtes Santana, pour lequel il s’est beaucoup inspiré de son adolescence : une période qui le vit découvrir le skateboard, la musique punk-hardcore et son état d’esprit : refuser le conformisme imposé par la société et trouver sa propre voie. Et tant pis si, comme pour Violeta, sorte d’alter ego fictionnel, cela signifie passer pour un alien. On est rebelle ou on ne l’est pas ! Et on suit donc ses aventures délirantes (elle voit des monstres, métaphore des dangers -ordre, discipline, musique aseptisée, conformisme- qui guettent la société) aux côtés de ses amis Alan et Gigi, accompagnées par sa playlist (chaque scène est illustrée par un morceau qui correspond à son ambiance : on retrouve entre autres les Pixies, Fugazi, Idles, les Ramones, Minor Threat et quelques groupes brésiliens…) que l’on peut écouter en même temps que Violeta, si l’on veut, grâce au QR code fourni à la fin du livre…
Un récit très sympa, qui se moque autant qu’il rend hommage à cette période de l’adolescence où l’on veut changer le monde et où on est sûr à 200% que ses convictions sont les meilleures, superbement dessiné par Petreca, qui adopte ici un style très différent de ses précédents récits, mêlant découpage comics et dessin manga aussi agréable à voir que dynamique. Gabba gabba hey !
(Récit complet, 154 pages – Ankama)