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TRAIN DE NUIT DANS LA VOIE LACTEE (Demont, d’après Miyazawa)

BD. Train de nuit dans la Voie lactée est la toute première parution de Morgen, nouvelle maison d’édition. Une bonne nouvelle en ces temps difficiles pour l’industrie du livre. Et à en juger par la qualité de l’objet (beau papier, chouette qualité d’impression, magnifique couverture avec vernis sélectif gris brillant), Morgen a de l’ambition et semble en tout cas donner autant d’importance à la forme qu’au fond. Voilà qui ravira les amoureux des beaux livres. Et le fond alors, allez-vous me dire ? Train de nuit dans la Voie lactée est en fait une adaptation. D’un roman très célèbre au Japon, de Kenji Miyazawa, un peu l’équivalent de notre Petit prince de Saint-Exupéry. Un conte fantastique dans lequel on suit un petit garçon le soir de la fête de la Voie lactée. Ce petit garçon, c’est Giovanni, souvent moqué par ses camarades à cause de l’absence de son père. Occupé à des tâches à réaliser pour sa mère, il n’a pas le temps d’aller s’amuser avec les lanternes à la rivière avec ses amis. Alors qu’il est monté se reposer sur une colline, il part (en rêve?) pour un voyage en train qui va le mener au beau milieu des étoiles, parmi les différentes constellations. Rejoint par son fidèle ami Campannella, ils vont rencontrer un étrange chasseur de hérons ou un curieux contrôleur androïde et découvrir des lieux extraordinaires comme le rivage du Pliocène ou le sac de charbon, là où naissent les étoiles, et même le paradis…

Un récit d’apprentissage qui rappelle aux petits et grands (il est en effet accessible à tous les publics) que nous ne sommes que de passage dans ce grand tout qu’est l’univers et que chacun a un rôle à y jouer selon la volonté du « ciel ». Imprégné de croyances bouddhistes, il entend démystifier la mort en la présentant comme la continuité de la vie, une nouvelle étape qui nous rapproche des étoiles (« Pour atteindre le bonheur le plus haut, il faut passer par toutes sortes d’épreuves qui sont toute la volonté du ciel »). Un récit magnifiquement mis en images par Adrien Demont. Sa technique graphique (« de la craie brute sur des planches originales illustrées en négatif ») et l’entrelacement de ses dessins sur les pages (il n’y a pas de cases ici…) lui permettent de retranscrire avec inspiration l’univers poétique merveilleux de Miyazawa et d’évoquer avec douceur et sensibilité mort, deuil et au-delà. Un très joli voyage onirique qui met Morgen sur de bons rails.

(Récit complet, 176 pages – Morgen)

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