BD. Dans une ville ravagée par la guerre et submergée par les eaux, Mortépi, jeune homme à tête de goret, poursuit ses rêves de création : il veut devenir romancier mais peine à venir à bout de son premier récit. Pour nourrir son imaginaire, il n’hésite pourtant pas à s’inspirer de son quotidien. Alors, quand Anastassia, une jeune réalisatrice, lui propose de faire un documentaire sur lui, il accepte, pensant que cela pourra l’aider à atteindre ses objectifs. Cela va, au contraire, précipiter sa fin…
Découvert dans Métal Hurlant (un véritable laboratoire graphique pour les auteurs, on ne le redira jamais assez…), Florent Breuil, sort, avec Mortépi, sa toute première bande dessinée. Un récit noir qui alterne présent de narration et flash-backs pour brosser le portrait de Mortépi, jeune homme qui se rêve en romancier, et nous faire comprendre sa trajectoire grâce à des épisodes de sa jeunesse marqués par l’ambition, la culpabilité ou son amitié, forte, avec Niehling, un peintre reconnu avant de brusquement arrêter sa carrière. Le tout dans un monde étrange, ravagé (les mystérieux « régularistes » ont, semble-t-il, opéré un « nettoyage » dans cette société…), où la violence règne. Visuellement marquant (réalisé à la palette graphique, le dessin de Breuil, sombre, associe décors et paysages très réalistes et personnages zoomorphes, un mélange troublant), Mortépi nous laisse malgré tout sur notre faim, sa narration « éclatée » manquant en effet de clarté. Tout comme les réelles motivations des principaux personnages (Niehling, Anastassia et Mortépi en tête). Du coup, on a du mal à vraiment rentrer dans cette histoire et à s’intéresser aux péripéties de ce romancier raté, incapable de reconnaître son échec artistique. Dommage, car l’idée sous-jacente du récit (que l’on ne divulguera pas ici pour ne pas spoiler) était vraiment intéressante.
(Récit complet, 160 pages – Les Humanoïdes Associés)



