BD. Quand Octave se fait piquer par un serpent, un fer de lance, Gilda ne peut rien faire pour le sauver. Loin de tout dispensaire, elle utilise bien le livre de remèdes médicinaux qu’il a écrit pour le soigner, mais rien n’y fait. L’orpailleuse découvre alors ce dont elle se doutait depuis quelque temps : celui qu’elle aimait était en fait une femme et s’appelait Octavie. Pourquoi a-t-elle voulu se faire passer pour un homme et est-elle venue en Guyane ? Gilda est bien décidée à le découvrir, entre autres choses…
Il n’est pas étonnant que Fred Bernard ait eu envie de mettre en image le scénario (qui a d’ailleurs quelques similitudes avec les péripéties de Jeanne Pecquigny, l’héroïne fétiche de l’auteur…) de Julia Billet car il y a là tout ce qu’il aime. En premier lieu, l’aventure incroyable d’Octavie partie, par amour, de Paris au début du 20e siècle en Guyane pour rejoindre son mari, condamné et envoyé à Cayenne. Et la découverte de l’Amazonie et ses indigènes (et notamment de Wakanda, la Guérisseuse) auprès desquels elle va beaucoup apprendre, au-delà de leur langue. Mais aussi des héroïnes féminines fortes et déterminées, obligées de se faire parfois passer pour des hommes pour parvenir à leurs fins et éviter la violence masculine, omniprésente dans le récit (peu d’hommes y sont en effet épargnés par les auteurs..).
Une histoire que le dessinateur met en scène, comme à son habitude, d’un dessin simple mais très vivant et coloré (de jolies aquarelles expressives), qui ne manque pas de mettre en exergue la magnifique nature sauvage de la Guyane et ses animaux dans des cases muettes faisant office de respiration dans ce récit très rythmé à la narration ingénieuse, le lecteur découvrant progressivement, dans les pas de Gilda, l’histoire d’Octave/Octavie. Un joli récit féministe, ode à l’amour et à l’aventure, qui peut se lire par petits et grands, le trait de Fred Bernard tirant comme souvent vers l’illustration jeunesse.
(Récit complet, 112 pages – Rue de Sèvres)



