L’ETHER 1. Au dernier jour de l’enfance (Papayou)

BD. Si Papayou publie, avec L’éther, sa première série en format papier, il n’est pas vraiment un débutant. Concept artist et illustrateur pour le jeu vidéo et le cinéma depuis 2010, il a notamment travaillé sur Marsupilami ou Thor pour le grand écran et pour Ubisoft ou Kylotonn. Il a également signé une série de fantasy, Illyne, sur Webtoon Factory. Tout cela n’avait pas manqué d’attirer l’attention de Sullivan Rouaud et son équipe qui ont donc proposé à Papayou de se lancer dans une grande saga de fantasy, prévue en 5 tomes, pour Morgen. L’histoire de deux orphelins, Ulla et Agell, qui ont grandi dans un petit village, loin de la capitale et de l’Ordre. Et quand Bréven, un « étherien », est appelé pour mettre hors d’état de nuire un monstre sanguinaire, un luphéron, grâce au pouvoir de l’éther, il décèle chez eux une sensibilité à la substance et les convie à rentrer avec lui à la capitale pour passer le test afin d’intégrer l’académie de l’Ordre de Lumistel dans l’une des trois tours construites par les trois royaumes pour veiller à la bonne utilisation de l’éther quatre siècles auparavant…

Récit initiatique, pouvoirs spectaculaires de l’éther, Ordre mystérieux qui, certes, protège la population mais se réserve aussi l’utilisation unique de l’éther, destinée exceptionnelle de deux enfants, serment d’amitié : le scénario de L’éther, qui reprend à son compte des thèmes classiques de la fantasy (en y ajoutant tout de même un joli clin d’œil au geste déssiné), ne surprend pas vraiment, c’est vrai, mais Papayou fait montre, dans ce premier tome, d’un sens de la narration impressionnant. Rythme, découpage, dialogues et silence, scènes marquantes : tout ici est parfaitement maîtrisé et concourt à faire de ce tome d’exposition (pourtant très riche car il s’y passe déjà beaucoup de choses…) une grande réussite. Et on peut dire la même chose de son dessin à la palette numérique : s’il ne fait pas mystère de ses influences manga, il se montre solide et inspiré, que ce soit dans les scènes de magie ou dans les moments plus intimes d’émotion. Au delà de tout cela, Papayou parvient surtout à donner vie à cet univers qu’il a imaginé avec brio, créant une véritable mythologie (l’histoire des graveurs, les glyphes, l’Ordre…) autour de l’éther pour donner des racines à ce monde afin de le rendre crédible et véritablement immersif. Bref, il vous sera difficile de résister à ce premier tome !

(Série en 5 tomes, 176 pages pour cet épisode 1 – Morgen)

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