CHAT PILE Who Loves The Sun

ALBUM. On avait beaucoup entendu parler de Chat Pile et entendu des morceaux, ici ou là, ces dernières années mais c’est finalement avec leur collaboration, très belle, avec un autre natif de l’Oklahoma, Hayden Pedigo, parue chez Computer Students, que l’on a véritablement découvert le quatuor. Et quand leur nouvel album est sorti, c’est tout naturellement que l’on a eu envie de pénétrer plus avant dans leur univers noise-rock. Du genre brutal, à flirter régulièrement avec le sludge. D’ailleurs, dès Creature, qui ouvre ce nouvel opus, on est happé par la rage et le malaise véhiculés par la musique du groupe. Un début réussi, notamment grâce à un riff de guitare hypnotique bien senti, qui se prolonge avec Deep Blue, le single plus mélodique, très bon, porté par une guitare bien désenchantée (un leitmotiv de l’album d’ailleurs…) et un chant tantôt vindicatif tantôt mélancolique puis le mid-tempo Same rules et son intro flippante qui mêle ensuite mélancolie et rage. On a un peu peur que le soufflé ne retombe ensuite à l’écoute de Pen I S Mall, plus hargneux mais aussi plus convenu. Mais Shrine revient ensuite à un bon niveau avec sa guitare inspirée. Une qualité que le groupe gardera sur toute la seconde partie de l’album, avec le surprenant Intruder et sa guitare sautillante, Christabel ‘26 et son refrain guttural qui prend aux tripes ou encore le désabusé et ironique Everything Will Be Fine emmené par une guitare acoustique qui aurait pu trouver sa place sur l’album avec Hayden Pedigo. Et comme à la grande époque du CD, Chat Pile nous fait une petite surprise avec un morceau, plutôt pas mal d’ailleurs, au son plus brut, « caché » cinq minutes après le dernier titre.

(The Flenser/Rarely unable)

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