Ça commence avec une espagnolade des plus touchantes avec « oh how we fell », pour venir flirter magistralement avec le meilleur de Leonard Cohen sur « Dust Flesh and Bones », grand moment du disque (et sans doute de tout son répertoire). Accompagné de sa guitare ou du piano de Katia Labèque (le très beau « How to kill a rose »), l’anglais nous livre des moments d’une incroyable force émotionnelle. Chantant comme s’il était dans la pièce avec vous (notons le travail de mixage de Yann Tiersen particulièrement adapté), Matt Elliott nous envoûte de sa voix grave plus touchante que jamais.
Comme dans les morceaux tristes du répertoire klezmer, on retrouve cette mélancolie extrême mais jamais pleurnicharde. Mélancolie accentuée par les choix acoustiques qui renforcent l’intimité de ce disque, n’hésitant pas à laisser apparaître les mouvements de doigts sur la guitare ou les quelques accrocs. Plus assumé que jamais, Matt Elliott vient sans doute de livrer son plus triste et plus bel album.
C’est sûr, Matt Elliott et ses fantômes m’ont rattrapé et ils risquent de ne plus me quitter ! Sublime.
(Album – Ici d’ailleurs)
Dust Flesh and Bones (Matt Elliott)
MATT ELLIOTT – A BROKEN MAN from Annabelle Azadé on Vimeo.