BD. 20 ans après le dernier tome dessiné par Tanquerelle, Joann Sfar fait revivre l’un de ses personnages fétiches, le professeur Bell ! Mais surprise, c’est un Bell enfant que l’on retrouve. Victime d’un sortilège, il a en effet le corps d’un gamin de 10 ans. Dur à supporter, forcément ! Du coup, notre homme, enfin, notre garçon, est comme un lion en cage, se montrant odieux avec son entourage, notamment son fidèle serviteur Ossour Hyrsidoux. C’est le moment que choisit l’inspecteur Mazock pour venir lui demander son aide. La police londonienne a en effet besoin de ses connaissances en surnaturel pour enquêter sur la disparition d’enfants dans le même jardin, celui de Kensington…
On était curieux et assez excité, il faut le dire, de retrouver Bell et ses fidèles compagnons, Ossour Hyrsidoux et Hélias, le fantôme, tant de temps après. Et si la scène d’ouverture surprend et accroche, avec cette surprise scénaristique réservée par Sfar -un Bell prisonnier d’un corps d’enfant qui se montre capricieux avec son entourage- la suite peine à nous garder aussi enthousiastes. Le scénario se veut délirant (sans trop en dire, on croise Peter Pan, la fée Clochette -d’où le titre de ce tome- un gang de mangeurs d’enfants, le dieu Pan entravé, le capitaine des morts et on en passe…) mais part un peu dans tous les sens et s’avère au final trop décousu. Les nombreux récitatifs plombent, quant à eux, un peu la narration. Du coup, on a du mal à véritablement entrer dans cet épisode. Dommage car côté dessin Le Roux (épaulé ici par Brizard, qui a dû, comme Le Chevallier sur Les frères Rubinstein, se charger des décors) fait le job. Il propose un dessin plus « propre » que celui de Sfar. Les décors, fourmillant de détails, sont très travaillés et contrastent ainsi avec son trait, presque ligne claire par moments, ce qui donne un petit côté surnaturel idoine à l’ensemble. Enfin, la mise en couleur assez sombre se charge de rendre l’ensemble inquiétant. Un retour mi figue mi raisin donc.
(Série, 48 pages pour ce tome 6 – Delcourt)