BD. Mary-Barbara n’a rien trouvé d’autre pour se barrer de l’institution congrégationniste où ses parents l’ont collée pendant 3 ans parce qu’elle faisait des conneries. Alors, elle s’est mariée à Bram sans le connaître. Remarquez, elle aurait pu tomber pire car c’est un brave gars Bram et travailleur. Par contre, sa famille, c’est autre chose…Sa soeur, la petite Evy, fait des crises depuis que sa mère a disparu quelques années auparavant. Et Eddie, le frère, est en cavale : Il aurait tué une grand-mère pour lui piquer du fric. Quant au père il la reluque un peu trop à son goût. Heureusement, Hank, l’autre frère de Bram, est sympa…et mignon en plus de ça. Et il aime le rock’n’roll, comme elle. Mais pour aller voir des concerts dans ce coin paumé du Kentucky, ça ne va pas être facile…
Après une longue période SF dédiée aux excellentes trilogies Terre et Ter, Rodolphe et Dubois ont décidé de s’accorder un petit plaisir (ils sont tous deux musiciens et aiment le rock…), une balade aux sources du rock’n’roll : l’Amérique paumée des petits blancs et leur quotidien fait de dur labeur dans les champs, de pauvreté et de familles dysfonctionnelles. De petits trafics aussi. Une vie bien éloignée de l’American Dream dont on s’extirpe par la violence ou la musique…Comme Hank, le frère de Bram.
Le scénario de Rodolphe, linéaire, est certes plutôt classique, mais il est solide. Et si l’on devine facilement qu’il y aura un rapprochement entre Barbie, c’est son surnom, et Hank, il réserve tout de même quelques surprises, notamment l’apparition de légendes du rock comme Gene Vincent, Jerry Lee Lewis ou encore Elvis. Et comme côté graphique Dubois propose, comme à son habitude, une belle partition, à l’ancienne : un dessin précis et très détaillé (les hachures sont omniprésentes) réalisé en couleurs directes qui apporte beaucoup de réalisme à l’ensemble, on lit ce Rockabilly avec un réel plaisir.
(Récit complet, 104 pages – Editions Daniel Maghen)