Darius Panahi réside à Los Angeles. Electricien de son état, c’est un voisin sans histoires, gentil et serviable, toujours prêt à dépanner le jeune couple qui vit en face de chez lui. Il répare leur micro-ondes, les invite à manger et est même là pour sauver Bram quand celui-ci a de gros soucis avec des voyous. A croire qu’il est son ange gardien…

Après « Camille » et « Fouad », c’est maintenant au tour de Darius de se trouver sous le feu des projecteurs d’ « Alter Ego ». Un nouvel épisode qui voit 2 nouveaux dessinateurs, Efa (chargé des personnages) et Erbetta (aux décors) entrer également en piste sans que cela ne perturbe le moins du monde la belle mécanique de la série. Car si le trait d’Efa n’atteint pas la perfection réaliste du dessin de Reynès, il s’en rapproche cependant suffisamment pour assurer l’homogénéité graphique du récit.

D’autant que côté scénario, cela ne faiblit pas. Renders et Lapière lèvent ici le voile sur ce drôle de bonhomme qu’est Darius en insérant notamment quelques flash back concernant son passé et sa rencontre avec Suzanne Rochant de l’ONG World War to Aids qui expliquent pourquoi il a accepté de veiller sur un être aussi abjecte et détestable que Bram. Tout en livrant, comme à leur habitude, quelques révélations sur les recherches de Suzanne Rochant (les êtres humains ont des âmes sœurs ailleurs sur Terre, des personnes nées en même temps ou presque dont la bonne -ou mauvaise- santé a un impact direct sur leur propre vie) nous permettant d’y voir un peu plus clair dans ce mystère « Alter Ego ». Un peu mais pas trop puisque notre duo de scénaristes s’est bien sûr assuré de laisser des zones d’ombre jusqu’à la parution du dernier épisode…

Un volet encore très réussi qui confirme que l’on a bien à faire ici à un thriller diabolique de précision et de suspense dont le cœur de l’intrigue vient habilement rappeler que le destin des êtres humains, qu’ils soient d’Afrique, d’Amérique ou d’Europe, est intimement lié.

 

(BD – dupuis)