ENGINE DOWN
THE STATISTICS
DECAHEDRON

Samedi 14 février 2004
Emo's - Austin, Texas

 

La Saint-Valentin. S'il y a un jour où je suis très content d'être célibataire, c'est bien le 14 février. A l'heure où bon nombre d'amoureux s'enlacent dans une mièvrerie préfabriquée, je suis excité et curieux de voir ce que cette affiche peut bien me réserver.
La salle ne vibre pas aux publics des grands soirs mais elle est suffisamment remplie pour découvrir Decahedron, la face cachée des ex-Frodus. Decahedron (anciennement baptise The Black Sea) est le nouveau groupe de Shelby Cinca, Jason Hamacher et Joe Lally (Fugazi). La déception de ne pas voir Joe Lally tourner avec ses amis (monsieur pouponne sur la Cote Ouest) est indéniable mais son remplaçant Johnathan Ford (ex-Unwed Sailor et ex-Roadside Movement) semble de toute évidence plus qu'une pièce rapportée. Le trio débute calmement avec un morceau pesant et à la tension contenue. Quelques morceaux direct punk plus tard, le groupe donne à penser que cette nouvelle aventure est la suite logique du split de Frodus. Slogans socio-politiques balancés en pâture (DELETE FALSE CULTURE!/ DELETE THE MEDIA!), appel au vote pour les prochaines élections présidentielles, Shelby est remonté comme une pendule. Son chant hurle est génial, son jeu affûte, ses riffs très légèrement heavy parfois, l'utilisation de sa pédale wah wah et d'autres effets, une rythmique solide et puissante sont autant d'atouts qui me feront acheter 'Disconnection_Imminent', leur premier album à sortir en avril sur Lovitt. Le talent de Frodus au service de nouvelles idées… à surveiller.
The Statistics n'a pas la même expérience que Decahedron et on sent un peu plus de fébrilité à l'entame du set. Fort d'un premier album "Leave your Name" sorti sur Jade Tree, le nouveau projet de la gueule d'ange de Denver Dalley (Desaparecidos) offre rapidement une power pop bien ficelée. Batterie puissante, basse efficace, keyboards subtilement ajustés, guitare aérienne… les premiers morceaux m'étonnent. Le trio ne s'enferme pas dans des refrains systématiques et préfère plutôt ouvrir des espaces instrumentaux et c'est tout à leur honneur. Pendant ce temps dans un coin de la salle, un chanteur de hip hop dont le concert vient de finir dans une salle adjacente vocifère des paroles incompréhensibles. Shelby, tout excité, se marre à ses côtés et Denver l'invite à monter sur la scène et à prendre le micro. Interlude hip hop très amusant pendant lequel Shelby assure le rythme au micro tandis que le rappeur blanc slamme avec talent. Alors surgit un roadie d'Engine Down qui décide de lancer un concours entre lui et le texan. New York versus Austin. The Statistics, pas du tout décontenancé, décide d'aider les deux rappeurs en improvisant sur leur groove. Ambiance à la rigolade qui verra, à l'applaudimètre, le roadie triompher. Tout le monde quitte la scène. Le concert peut reprendre et avec la même insouciance et la même volupté, The Statistics finit comme il a commence. Bonne surprise.

 

Les membres d'Engine Down ont déjà quelques dizaines de milliers de kilomètres au compteur et ça se sent tout de suite. Pas de problème à l'allumage et c'est toujours un plaisir de voir des groupes maîtriser leur sujet en toute simplicité. Ne pouvant pas restituer tous les sons et ambiances de leur dernier album 'Demure', le quartet tire profit au maximum de ses deux guitares, sa batterie et sa basse. Son puissant et clair. La superbe voix de Keeley Davis s'érige sans forcer mais en restant toujours émouvante. Il n'y a aucune fioritures dans leur jeu, pas de démonstration physique excessive pour détourner l'attention de l'auditeur. On pourrait même trouver leur musique et leur prestations banales mais le groupe tend visiblement à entraîner délicatement le public dans l'excellente structure évolutive de ses compositions. Rien n'est impressionnant mais tout sonne parfaitement juste et bon. Leur emo rock ronronne comme un moteur bien entretenu et maintient l'allure sans jamais ennuyer. Ce concert est aussi l'occasion de découvrir de nouveaux morceaux et si le terme maturité à un sens, je crois qu'on peut l'appliquer à ce que le groupe de Virginie développe. Le concert me parait court. Pas de rappel. Les spectateurs me semblent avoir apprécié autant que moi. Dommage car avec un moteur chaud comme ça, j'étais prêt à avaler quelques bornes de plus.
[chRisA]



liens utiles :
www.decahedron.net
www.jadetree.com
www.enginedown.com
www.lovitt.com

 

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