BD. Adèle est sur la route. On l’attend pour une conférence sur l’entomologie. Alors qu’elle passe non loin de Rochedaine, petite ville où elle a grandi, elle décide de s’y arrêter pour revoir Pierrot qui lui a écrit une lettre étrange peu de temps auparavant. Et peut-être Maxim aussi… La boue, les rochers, la pluie : rien n’a changé en tout cas. A part cet homme, fusil en bandoulière, qui filtre les entrées à la porte de la ville. Et l’ambiance, lourde, qui règne à Rochedaine ! Pierrot lui explique que 3 pèlerins ont disparu à l’Oeil du Dragon. Le prêtre et Maxim, qui l’avait rejoint récemment, se sont ensuite retirés au monastère et on ne les a plus jamais revus. Par contre, une guêpe noire aurait été aperçu non loin, au crépuscule…
Alors que sa série La Chute est en cours (3 tomes sont parus pour l’instant) chez Futuropolis, Muralt a peut-être ressenti le besoin d’une parenthèse, avec La guêpe noire, qui semble inaugurer une nouvelle série (s’il s’agit d’une histoire autonome, le titre général Buglands paraît indiquer un univers plus vaste que l’auteur devrait développer plus tard, probablement quand La chute sera finie…). Un récit de SF étrange qui se déroule dans un monde en ruines retourné en arrière où les humains ont domestiqué des insectes géants. L’enquête improvisée d’Adèle pour retrouver la trace de Maxim et du prêtre va, vous vous en doutez, lui réserver quelques surprises qu vont la changer à tout jamais…Dans ce récit, c’est surtout l’ambiance (très réussie, elle est créée avec une belle économie de moyens par l’auteur) qui retient l’attention : on parle de cette inquiétude, de cette menace diffuses et proches à la fois qui accompagnent constamment les personnages et ne les quitteront plus. Notamment Adèle qui semble devoir (c’est visiblement plus fort qu’elle…) répondre à cet appel mystérieux venu du monastère. Difficile, du coup, de ne pas être intrigué par cette quête, d’autant que le dessin de Muralt, hérité d’un Moebius, souligne parfaitement l’inquiétude omniprésente dans le récit. Un récit étonnant.
(Récit complet, 64 pages – Les Humanoïdes Associés)



