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WOODSTOCK 69 Le concert du siècle (Toussaint/Munuera)

BD. Woodstock a beau avoir eu lieu il y a plus de 50 ans maintenant, le festival reste l’un des plus célèbres événements musicaux de tous les temps. De par son gigantisme (500000 personnes tentèrent de s’y rendre…), ses péripéties (routes bloquées sur près de 30 kilomètres, hélicoptères allant chercher les musiciens piégés dans les bouchons, armée obligée d’approvisionner le site en eau et en nourriture par voie aérienne…) ou la météo capricieuse (les trombes d’eau qui s’abattirent transformèrent le site en gigantesque champ de gadoue et obligèrent les organisateurs, totalement débordés, à suspendre les concerts). Mais Woodstock est surtout entré dans la légende du rock parce qu’il a été couvert par des réalisateurs et leurs documentaires témoignent, encore maintenant, du chaos qu’a été ce festival. De l’utopie hippie qui régnait. Des drogues qui y circulaient. Et bien sûr de ses concerts passés à la postérité. Celui des Who commencé le dimanche à 5 heures du matin, dans l’aube naissante. De Joan Baez, alors enceinte de 6 mois, et ses protest songs. Ou encore de Jimi Hendrix avec sa reprise totalement hallucinée (sa guitare imite le bruit de bombes en plein milieu du morceau) de l’hymne américain, magnifique brûlot contre la guerre du Vietnam. Pas étonnant donc que des auteurs comme Kid Toussaint et Munuera y fassent encore référence. Fan de rock, le scénariste a trouvé un angle astucieux pour raconter Woodstock : le chassé-croisé de deux personnages, parmi les 500000 visiteurs, tout au long des trois jours du festival. Ulysse, tout juste revenu du Vietnam, qui veut retrouver son amour, Leslie, pour l’empêcher de se marier avec son nouvel amoureux. Bien sûr, la quête d’Ulysse va s’avérer totalement folle, l’amenant à vivre tout un tas d’expériences (comme un petit trip d’acide, bien sûr…) et de rencontres improbables avant d’arriver à ses fins. Le tout sur fond de musique, d’embouteillages et de trombes d’eau. Un scénario qui parvient à surprendre (une Leslie peut en cacher un autre…), superbement mis en image par Munuera, dont le trait fluide et vivant, bref, idoine, est ici parfaitement rehaussé par la mise en couleur « vintage » de Sedyas. On s’y croirait…Une belle évocation de ce festival devenu légende !

(Récit complet, 128 pages – Le Lombard)

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