BD. L’insurrection prend de l’ampleur dans les niveaux inférieurs de Megalopolyon. Et les troupes de la Fédération contrôlent désormais des quartiers entiers. Le Mayor joue donc sa dernière carte pour reprendre le contrôle de la ville : il réunit en urgence le Conseil (en fait, les responsables de la Triade et des autres organisations mafieuses) pour voter une mesure d’urgence. Pauli et Lynn sont quant à eux toujours en lieu sûr chez Isabelle, à la campagne. Et Vananka poursuit sa quête de rédemption. Difficile quand on a commis l’irréparable…
« C’est la lutte finale. Groupons nous et demain… » voilà, à peu de choses près, ce qui vous attend dans Le Rêve du passé, troisième et dernier tome de La Mécanique. Les personnages ont en effet rendez-vous avec leur destin. Safir, Vananka mais aussi Peeli, Lynn et le Mayor. Et pour Kevan Stevens, cela veut dire affronter son passé (ses erreurs, ses blessures, ses rendez-vous manqués) pour espérer atteindre une forme de rédemption. Tout comme la ville qui va devoir affronter les troupes de la Fédération si elle veut se libérer de ses chaînes et retrouver son identité. La musique, les livres et tout ce qui transmet de l’émotion, de la passion. Un dernier tome toujours aussi rythmé (le lecteur n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer ici) et bourré d’action (ça canarde, ça coupe des têtes, ça se bastonne…) mais un brin confus. Le scénariste a en effet du mal à faire se rejoindre les nombreux arcs narratifs développés depuis le début de façon réellement fluide et convaincante. Reste cette belle idée, ce rêve de liberté, cette utopie, un brin hallucinée (l’âme du père de Peeli qui continue de vivre dans les entrailles métalliques d’un techno-porc…), que Jef met en image avec inspiration. Un dessin très sombre (le noir se tire la part du lion), forcément, mais vraiment immersif, allié à un découpage original et nerveux. Le final d’une série assez inclassable et singulière qui n’aura cependant pas tenu toutes ses promesses.
(Série en 3 tomes de 80 pages – Soleil)



