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LE COMTE DE MONTE-CRISTO (Mallet/Loth)

BD. Tout juste promu capitaine du Pharaon par son propriétaire, Monsieur Morrel, Edmond Dantès s’empresse d’aller annoncer à Mercédès, qu’il aime, qu’ils vont enfin pouvoir se marier. Mais cette promotion fait des jaloux et des mécontents : Danglars, agent comptable de Morrel, qui pensait bien devenir capitaine du Pharaon et Fernand, qui avait des vues sur Mercédès…Tous deux se mettent à imaginer un plan (en utilisant une lettre qu’on lui a remis pour faire accuser Dantès de lien avec Bonaparte, alors banni sur l’Ile d’Elbe…) pour envoyer Dantès en prison…

Nouvelle sortie pour cette collection d’intégrales en édition prestige d’adaptations de classiques de la littérature (et auparavant parus dans la défunte collection Ex-libris) avec, cette fois, Le Comte de Monte-Cristo, célèbre roman d’Alexandre Dumas. Une histoire de complot, de jalousie, d’appât du gain, de vengeance mais aussi d’amour. Certes classique (ces thèmes étaient déjà présents dans les tragédies grecques de Sophocle ou Eschyle) mais parfaitement menée par Dumas qui livre, au passage, un portrait magnifique de Dantès, homme torturé, qui se rend finalement compte que la vengeance, en le plaçant au même niveau que ceux qui lui ont fait passer 14 ans en prison pour rien et l’ont, surtout, privé de l’amour de celle qu’il aimait, aura trop assombri son âme…

Un roman intelligemment adapté par Mallet et Loth. La narration du premier fait preuve d’un vrai savoir-faire pour rendre compte de la souffrance de Dantès en prison et de sa patience pour élaborer un plan machiavélique afin de punir chacun de ceux qui ont participé à sa malédiction : Danglars, Fernand et, bien sûr, de Villefort, substitut du procureur du roi. Sans oublier de mettre en exergue les états d’âme et remords de son héros (difficile de devenir un vengeur quand on est foncièrement bon…). Côté graphique, Loth livre une partition aboutie également, son dessin, agréable, restituant avec inspiration ce début de 19e siècle, tiraillé entre bonapartisme et royalisme, en France. De la belle ouvrage, donc.

(Récit complet, 112 pages – Delcourt)

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