BD. Juillet 1939. Directeur du Louvre, Mr Jaujard fait un cauchemar horrible : alors que des avions allemands sillonnent le ciel de Paris, il est pris à partie par la victoire de Samothrace, la Joconde ou le personnage féminin de La Liberté guidant le peuple qui lui reprochent de ne rien faire pour les sauver malgré la menace nazie qui couve. A son réveil, un peu groggy, il prend la décision de réunir tout le personnel du musée et leur annonce qu’ils vont mettre à l’abri toutes les œuvres à la campagne, au château de Chambord, pour éviter un pillage par les troupes d’Hitler si une guerre venait à éclater…
Après une petite pause, Futuropolis reprend (et c’est une bonne nouvelle car cela a abouti à quelques très beaux livres- Comment ne pas citer le Période glaciaire de de Crécy!) ses livres ayant trait au Louvre (sans que cela soit une collaboration avec les éditions du musée visiblement…) pour ce diptyque signé Smudja. L’auteur Serbe a choisi d’évoquer cette période particulière où le Louvre est entré en mode guerre pour protéger ses œuvres d’un pillage allemand. Il revient donc sur les préparatifs, les contraintes techniques (transporter La Victoire de Samothrace, 3 tonnes sur la balance, n’est pas une mince affaire…) ou encore la mise en place de la logistique (notamment trouver les nombreux camions nécessaires et leurs conducteurs…) dans ce véritable contre la montre puisque la guerre, tout le monde le sentait, était imminente. Avec la volonté, bien sûr, de rendre hommage à ce directeur résistant déterminé, sans qui les merveilles du Louvre seraient probablement parties en Allemagne.
Un scénario presque sur mesure pour l’auteur serbe qui apprécie particulièrement dessiner des œuvres connues et mettre en scène des peintres célèbres (on croise d’ailleurs ici Picasso et Dali…). On a donc droit à de magnifiques planches, parfois en double page, incroyablement détaillées et mises en couleur à l’aquarelle, reconstituant des édifices iconiques de Paris ou des galeries grouillant de vie du Louvre. Souvent de façon surréaliste, Smudja n’hésitant pas à incorporer un peu de poésie fantastique à son récit pour rendre sa narration plus enlevée (il se doutait, bien entendu, que dessiner le déménagement des œuvres du Louvre sur 140 pages au premier degré pourrait s’avérer monotone…). Voire un brin délirante. Et cela fonctionne ! Malgré quelques récitatifs un peu trop chargés en informations et en pédagogie, on lit en effet avec plaisir ce chapitre particulier de l’histoire du Louvre. Et pour prolonger le plaisir, un cahier graphique (attention, il est réservé à la première édition…) est proposé en bonus en fin de livre !
(Récit en deux parties, 82 pages pour ce tome 1 – Futuropolis)