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CHEVREUIL Stadium

ALBUM. 20 ans s’étaient écoulés depuis la sortie de Capoeira, le dernier album de Chevreuil. Et honnêtement, on ne pensait plus avoir de nouvelles du duo (même s’il y a eu quelques retours surprenants ces derniers temps…). Le duo ne pensait probablement pas enregistrer de nouveau non plus d’ailleurs…Et puis quand Julien F. et Tony C. ont commencé à parler de rééditer leur premier enregistrement, Sport, sur Computer Students, ils ont finalement décidé de passer une semaine ensemble. La complicité, l’envie de partager étaient encore là. Du coup, ils ont (entre autres) joué et enregistré et, presque par accident, Stadium est né. Un double album. Près d’une heure de musique en tout, qu’il est conseillé d’acquérir en vinyle, pour la qualité des finitions made in Computer Students.

Côté technique, le duo est resté fidèle à ses principes avec ce dispositif particulier, la guitare de Tony C. passant par 4 amplis qui entourent la batterie de Julien F. non amplifiée (d’où ce son brut et la réverb très présente), tout en apportant une vraie nouveauté : une guitare reconfigurée qui permet au groupe d’ouvrir encore un peu plus le champ des possibles en produisant des sons électroniques parfois assez surprenants. Rapprochant du coup, parfois, leur math-rock d’un Battles (comme sur Quantum ou Alliage). Leur musique reste toutefois plus expérimentale avec un côté insaisissable, les titres pouvant prendre des directions imprévisibles sans crier gare. Plus répétitive aussi et avant tout basée sur la complicité et l’interaction entre ses deux membres. Les morceaux de Chevreuil s’avèrent malgré tout variés sur Stadium, pouvant se faire dissonants (Tartarus, l’un des singles, très bon ; Plexus ou Profundis), plus agressifs et menaçants (Aria ; Hypnosis) mais aussi mélodiques (Theorus Macrocosmus ; Opus) et même beaux et poétiques, comme sur l’envoûtant Corpus, presque trop court.

Une musique inventive mais pas facile d’accès, vous l’avez compris, comme l’annonce d’ailleurs la pochette avec ses diagrammes électriques et son livret entièrement rédigé en latin. Un album conceptuel singulier et sans compromis, bien loin du format chanson habituel (son titre est bien sûr plein d’ironie…), sans chant (même si on croit entendre une sorte de fredonnement sur Hypnosis…) ni refrain qui laisse toute sa place à l’urgence, au jeu, à la spontanéité et donc aux accidents ! Un retour aussi inattendu que rafraichissant !

(Computer Students)

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