BD. Le premier contact avec Black Orion est plutôt déconcertant : la scène d’exposition nous montre en effet une sorte de cérémonie religieuse lors de laquelle des membres cagoulés vénèrent une sorte de dieu à tête de taureau brutalement interrompue par l’irruption, à travers l’écran par lequel le « grand prêtre » communique avec leur dieu, de quatre individus et d’un chien qui s’empressent de s’enfuir pour éviter le reste du véhicule, un extraterrestre virulent qui n’a qu’un œil mais de multiples tentacules, qu’ils ont utilisé pour arriver jusque là…Logique, car on comprend rapidement qu’il s’agit en fait de la fin de l’histoire qui nous est donc racontée à rebours (le chapitre 2 met en scène ce qui s’est passé 15 minutes plus tôt, le 3, ce qui s’est passé 30 minutes plus tôt…). Un dispositif narratif très original qui fait bien sûr tout le sel de ce récit mais qui demande en même temps au lecteur de s’accrocher un minimum (bon, on peut aussi, une fois la lecture terminée, relire le récit en commençant par la fin, qui est donc le début, j’espère que vous me suivez…). Une histoire délirante, hyper vitaminée (il s’agit en fait d’une course-poursuite à travers l’espace-temps) menée par un dessin haut en couleur très vivant et un découpage halluciné qui nous parle rien moins que de l’extinction potentielle de l’humanité mais aussi…d’une nouvelle drogue étonnante qui distord puissamment la réalité. Avec comme personnages principaux un couple d’ados (c’est d’ailleurs sur eux que repose notre sort…) et un sosie de Freddy Mercury borgne…Bien barrée et vraiment originale. Autant dire qu’on aime beaucoup !
(Récit complet, 200 pages – Morgen)



