POLE SUD, LA FOLLE CONQUETE (Deveney/Jouvray)

BD. 1909. C’est l’ère des explorations. Alors que Cook et Peary tentent, par relevés topographiques interposés, de prouver qu’ils sont les premiers à être arrivés au Pôle Nord, Robert Scott se prépare quant à lui à aller au Pôle Sud. Mais alors que son bateau, le Terra Nova, est déjà en route, son capitaine apprend que le norvégien Admunsen s’est lui aussi lancé dans l’aventure à l’assaut de l’Antarctique. Une course contre la montre commence alors qui verra chacun prendre tous les risques pour être le premier à planter le drapeau de son pays au Pôle Sud…

Conditions météorologiques extrêmes (jusqu’à -50 degrés), terrain difficilement praticable (avec des montagnes à franchir qui culminent à près de 3000 mètres d’altitude), logistique particulièrement complexe (à l’époque, on ne pouvait pas franchir les 1400 km qui séparent la mer de Ross du Pôle Sud en une seule fois ; il fallait donc au préalable établir différents camps de base en y laissant viande et matériel pour l’expédition finale) : cette course au Pôle Sud était une aventure particulièrement ardue (elle dura 10 mois pour l’équipe norvégienne, de leur arrivée dans la baie des baleines jusqu’au planter de drapeau sur le Pôle Sud) et totalement folle à une époque où on ne pouvait compter que sur des poneys et des chiens pour aider à tirer les traîneaux chargés de matériel et de nourriture. Que Deveney et Jouvray (auparavant croisé sur Lincoln ou Johnny jungle) nous racontent avec inspiration dans ce récit édifiant qui propose de suivre en parallèle les préparatifs, les choix organisationnels, les réussites mais aussi les doutes, la souffrance, les pertes (d’animaux, nombreux à mourir puisqu’après avoir tiré les traîneaux, ils étaient abattus pour nourrir les membres des équipes…mais aussi d’hommes) des deux équipes. Parfaitement documenté (et accompagné de cartes, de photos et de biographies des principaux protagonistes), il nous plonge de façon saisissante (même si le dessin de Jouvray, par ailleurs clair et expressif, n’adopte pas un style réaliste mais tire davantage, comme à son habitude d’ailleurs, vers l’illustration jeunesse) dans cette conquête folle. Aventure humaine impressionnante autant qu’entreprise vaniteuse (il fallait être le premier pour recevoir les lauriers…) tragique. Une histoire marquante !

(Récit complet, 344 pages – Dargaud)

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