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MARCEL BASCOULARD (Duchazeau)

BD. D’abord commencée avec ses amis scénaristes Gwen de Bonneval (Gilgamesh) et Fabien Velhmann (le magnifique La Nuit de l’Inca, Diable amoureux et autres films jamais tournés par Méliès ou Les 5 conteurs de Bagdad), Franz Duchazeau a ensuite poursuivi sa carrière en auteur complet, livrant nombre de récits incontournables comme Le Rêve de Meteor Slim, Les Vaincus ou Les Derniers jours de Robert Johnson. Un parcours remarquable qui se poursuit avec Marcel Bascoulard, qui sort chez Sarbacane, éditeur avec lequel l’auteur travaille depuis quelque temps déjà.

Mais qui était Marcel Bascoulard allez-vous probablement demander ? Loser magnifique, clochard céleste, poète maudit, artiste contrarié…Mais surtout un incompris à la personnalité complexe. Notre homme a vécu à Bourges et le récit retrace ses derniers mois avant qu’il ne meure assassiné en janvier 1978. Bascoulard était un vrai artiste, dans le sens où il voulait se consacrer entièrement à peindre, dessiner, faire de la photographie, écrire et apprendre. Le reste (se laver, travailler…) n’était que perte de temps. Ses robes tâchées (il aimait s’habiller en femme), les odeurs corporelles fortes, les puces ? Bascoulard n’en avait cure. Et tant pis si cela importunait les bonnes gens de Bourges. De toutes façons, Bascoulard n’aimait pas les gens ni la société. Voilà pourquoi il avait décidé de vivre à l’écart de la ville, dans une carcasse de camion abandonné avec ses véritables amis : Bobby, son chien et ses chats. S’il acceptait parfois la compagnie d’humains, c’était pour des commandes de dessins, de la cathédrale ou de maisons médiévales (auxquels il n’accordait aucune valeur, trouvant les sujets inintéressants…), afin de gagner de quoi manger et nourrir ses animaux. Moqué et méprisé (on le prenait pour un travesti fou et sale…) par une grande partie des habitants, et même parfois brutalisé, Bascoulard eut malgré tout l’honneur d’une grande exposition à la maison de la culture de Bourges…

Un portrait magnifique, brossé au feutre pinceau d’un trait spontané et plein de vie, avec quelques restitutions architecturales, de la cathédrale ou du Palais Jacques-Cœur, supposées être les dessins de commande de Bascoulard, grandioses, qui rend un bel hommage à cet artiste entier et truculent tout en pointant du doigt les difficultés de la société à accepter les gens différents qui ne veulent pas vivre selon ses usages et ses codes. Coup de coeur !

(Récit complet, 168 pages – Sarbacane)

sullivan:
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