Vous l’avez compris, pour son retour au premier plan, Wazem a décidé de se mettre en scène dans ce qu’il appelle une « sorte d’autobiographie mélancolique autocritique, auto-apitoyée, auto-flagellante ». Alors que tout part à vau-l’eau dans sa vie, il part pout un voyage, sur Mars, pour s’isoler et y ranger le bordel qu’il a dans la tête. Mais même à des millions de kilomètres de la Terre, ses filles apparaissent au milieu d’une tempête de sable, sa femme plie du linge sur le pas de sa porte et au cours d’une de ses promenades sur la planète rouge, il aperçoit même la maison familiale. Son père sur Mars ? Pas si étonnant, finalement : Wazem lui ressemble de plus en plus…
Un voyage introspectif en forme de catharsis et de règlement de comptes, avec les autres, mais surtout avec lui-même. Car Wazem ne s’épargne pas dans ce récit, certes romancé et passé au tamis de l’imaginaire, mais d’une sincérité violente et touchante, l’auteur abordant ses problèmes d’inspiration mais aussi d’alcool, d’érection ou d’infidélité et affirmant même dans une scène très forte : « je crois bien que je suis une merde » !
Donc, Wazem nous fait le coup de la crise existentielle nombriliste de la quarantaine. Pas original ? Sauf quand c’est raconté de cette façon : intense, poétique et drôle à la fois. L’occasion aussi de voir l’auteur suisse sous un jour jusque là inconnu. A ne pas manquer!
(Récit complet)