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METAL HURLANT Numéro 19 : Il était une fois dans le désert

MOOK. La sortie sur les écrans, en décembre prochain, du dernier volet de la trilogie Dune était l’occasion rêvée pour Métal hurlant de faire un numéro autour de la thématique du désert. Avec, en guise de figure de proue, une interview du génial Denis Villeneuve qui revient, bien sûr, notamment, sur son adaptation de l’œuvre mythique d’Herbert mais aussi sur son rapport à la science-fiction. Bon, le reste du programme éditorial n’est pas mal non plus avec un coup de projecteur sur Art sin fin, livre pensé par Jodorowsky et publié par Taschen qui revient sur sa carrière monumentale. L’homme de près de 97 ans propose également le scénario de La Terre promise, mis en scène par Iness. Un récit aussi court (3 pages) qu’acide, très critique envers la religion. Ce numéro 19 nous donne aussi l’occasion de retrouver des auteurs que l’on apprécie sur des formats plus courts, comme Gasparutto ou Schmitt. Le duo Lehman/de Caneva, dont on avait beaucoup aimé Les Navigateurs aussi, qui livre avec Love un récit étrange et beau qui se passe sur un sphéroïde. Guérineau, qui, entre 2 tomes de l’excellent L’Ombre des Lumières, a trouvé le temps de réaliser ce Rendez-vous à la fin du monde, qui conte la révolte de robots contre des humanoïdes qui leur avait fixé comme objectif la terraformation de Nova Terra, une planète d’une autre galaxie. Huault, qui avait sorti Cometa l’an dernier, récit muet, mystérieux et envoûtant sous influence moebiusienne, une nouvelle fois convaincant avec Rencontre. Ou encore Pim Bos (avec un travail graphique différent) et Ferret. Côté découvertes, citons le surprenant et sarcastique La Ville qui nous attendait très joliment mis en image, à la peinture, par Nurath qui vient, par ailleurs, de sortir sa première bande dessinée, Karma, chez les Humanos. Pok qui met en image un scénario de Nikho (que l’on avait découvert avec Horseback 1861 sur le label 619) d’un trait qui tire vers le dessin jeunesse pour une histoire très sombre d’arnaque complètement désenchantée (Le Cirque Latour). Ou Malachi Ward qui ironise sur les croyances dans Les Ailes pliées. Si l’on ajoute les rubriques habituelles, un article sur le nouveau livre (La Paranoïa) du souvent génial Crumb et les photos, en fil rouge, de Jerry Frissen, qui mettent en exergue des endroits remarquables, étonnants ou insolites du désert américain, cela nous fait, une nouvelle fois, un numéro copieux et très inspiré. Avec, en prime, une très belle couverture signée Emem, l’auteur (avec Duval au scénario) de Renaissance et plus récemment Apogée !

(Mook, 274 pages – Les Humanoïdes associés)

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