BD. Long John Silver, Flint, Jim Hawkins : ces noms fleurant bon l’aventure restent célèbres encore aujourd’hui. Preuve que L’Ile au Trésor, roman de Stevenson, est devenu un classique de la littérature. Il a donc logiquement été adapté en BD, notamment par Chauvel et Simon, en 3 tomes, série que Delcourt avait déjà réuni en intégrale mais que l’éditeur ressort ici en édition Prestige, soignée, avec tranche toilée et frise dorée en couverture. Une adaptation très fidèle au roman originel dont la narration, parfaitement huilée, suit la fameuse quête du docteur Livesey et du chevalier Trelawney : mettre la main sur le trésor que Flint a enterré sur une île au large de l’Amérique du Sud et dont le jeune Jim a retrouvé la carte dans le coffre du capitaine pirate à sa mort. Et, bien sûr, tous les rebondissements qui vont avec : la mutinerie de l’équipage de l’Hispaniola, les tractations entre les 2 camps opposés autour du fortin ou l’apparition de Ben Gunn sur l’île censée être déserte. Un récit porté par le découpage sage mais fluide de Fred Simon, dont le dessin nous laisse cependant sur notre faim. Quand on lit un récit de flibusterie, on s’attend en effet à trouver des pirates aux trognes patibulaires truculentes (ce que Riff Reb’s avait très bien compris sur sa version illustrée du roman parue chez Daniel Maghen il y a 2 ans) sauf que cette adaptation visait plutôt un public jeunesse. Du coup, Fred Simon fait le choix d’un trait lisible, certes agréable à regarder et techniquement irréprochable, mais un peu lisse, donnant du coup des airs presque sympathiques à Long John Silver, forban prêt à quasiment tout (mentir, trahir et, bien sûr, tuer) pour faire main basse sur le trésor. Un peu frustrant, car les scènes de duel (notamment…), censées être effrayantes, y perdent forcément en intensité…
(Récit complet, 144 pages – Delcourt)



