BD. Mais qui était donc vraiment ce Charles Hatfield ? Un vulgaire charlatan ? Un météorologue génial ? Ou un dangereux apprenti sorcier ? Rodolphe et Griffo ne répondent pas vraiment à la question dans ce Rainmaker, préférant laisser le lecteur se faire son propre avis. Le duo laisse en effet planer le doute dans le portrait qu’il consacre à celui qui a donc été surnommé « rainmaker ». Alors qu’il grandit à la fin du XIXe siècle dans une Californie en proie à la sécheresse, le jeune Charles s’est très vite intéressé à la météo et à la pluie pour aider son père fermier. Si ses premières expériences (balancer des fusées dans le ciel…) se soldèrent par de cuisants échecs, notre homme persévéra. Et, plus tard, épaulé par un promoteur local réputé, il offrit ses services à ceux que cela pouvait intéresser. Les premiers contrats (50 dollars) étaient modestes mais devinrent rapidement plus intéressants (car notre homme arrivait bel et bien à faire pleuvoir…), si bien qu’Hatfield en fit son métier et décrocha même, quelques années plus tard, un deal de 10000$ avec la mairie de San Diego pour remplir une gigantesque retenue d’eau totalement à sec. Un contrat qui se transforma en drame quand la ville fut inondée et que des dizaines de personnes périrent…
Si le procédé narratif (un homme recueille les souvenirs d’un Hatfield âgé pour en faire un livre) choisi par Rodolphe (qui est devenu un incontournable des éditions Anspach avec ses collaborations avec Gnoni, Roman et donc Griffo) est classique, il fonctionne cependant très bien. Le récit est en effet fluide et vivant, bien soutenu par le dessin de Griffo (son trait sans fioritures est parfois un peu « raide » mais la mise en couleur à l’aquarelle, à l’ancienne, est par contre vraiment inspirée et tient parfaitement l’ensemble). Et propose, au final, un moment de lecture agréable avec le portrait de cet homme (qui a réllement existé…) étonnant.
(Récit complet, 48 pages – Anspach)