X

SAPERLACHE (Escallon)

BD. Constructeur aéronautique militaire, Merliot est ruiné par l’armistice. Ses biens et sa maison ayant été saisis, il doit venir habiter, avec sa femme et son fils, la maison de sa mère décédée quelques mois plus tôt. S’il tourne vite en rond à la campagne, son garçon est quant à lui ravi : il passe ses journées à arpenter champs et forêt à jouer avec des amis imaginaires. Un épouvantail et de petits personnages qui le poussent bientôt, quand son père est violent avec lui ou que sa mère ne lui donne pas l’attention dont il a besoin, à passer de plus en plus de temps dans la forêt pour y construire un domaine dont il sera le roi, Saperlache, avec leur aide, en volant des outils, en mettant le feu à des ruches pour éviter que les abeilles ne viennent les embêter ou en construisant des pièges pour le protéger…

C’est à un voyage inattendu et déstabilisant que Sylvain Escallon nous convie avec Saperlache, son nouveau récit (le quatrième) pour Sarbacane : une plongée dans la psyché d’un petit garçon délaissé par sa mère et violenté par son père, à qui l’on veut retirer le refuge qu’il s’est créé pour se protéger : la nature, les animaux et ce royaume qu’il s’est construit avec ses amis imaginaires. Un univers fantastique dont les humains sont (à part une petite fille et un vieil homme amoureux de la nature) exclus et dans lequel le garçon s’enfonce, et nous avec, doucement mais inexorablement, à mesure que les violences et les menaces qui l’entourent se font de plus en plus présentes. Une fuite hors du réel qu’Escallon raconte avec beaucoup de talent, mettant en exergue avec acuité la responsabilité des adultes, trop peu présents et aimants, mais aussi l’imaginaire, parfois trouble et dangereux, de l’enfance. D’un trait très juste qui sait se faire réaliste pour mettre en avant (à l’aide, aussi, d’aplats de marron numériques du plus bel effet) les beautés de la nature tout en devenant plus fantaisiste quand il s’agit de restituer les jeux imaginaires du garçon. Un très beau récit, aussi âpre qu’étonnant, à la conclusion marquante.

(Récit complet, 192 pages – Sarbacane)

sullivan:
Related Post
X

Headline

You can control the ways in which we improve and personalize your experience. Please choose whether you wish to allow the following:

Privacy Settings