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THORGAL SAGA Adieu Aaricia (Recht)

BD. Comme beaucoup, Thorgal a marqué mon adolescence de lecteur. Il est impossible de résister à cette série teintée de mythologie viking, de science-fiction et de fantasy dessinée avec talent et passion par Rosinski quand on est un jeune homme avide d’aventures extraordinaires…Et puis l’essoufflement de l’inspiration de Rosinski et Van Hamme, la reprise de la série par de nouveaux auteurs et les nombreux spin-offs (consacrés à Kriss de Valnor, à la jeunesse de Thorgal ou à Louve) qui ont vu le jour ont eu peu à peu raison de mon intérêt pour la série…Pourtant, la sortie de ce premier tome de Thorgal Saga a réveillé quelque chose en moi…Cette nouvelle série qui voit un auteur revisiter Thorgal le temps d’un one shot m’a donné envie de me replonger dans cet univers. Le premier à raconter la saga (en littérature une saga est une œuvre relatant la vie et les faits d’un personnage dignes de rester dans les mémoires) de Thorgal est donc Robin Recht, auteur bien connu des fans de fantasy puisqu’il a réalisé un Conan (La Fille du géant de sel) ou la série Elric avec Didier Poli au scénario. Et brisons tout de suite le suspense : il s’en sort parfaitement. Tout simplement parce qu’il propose avec Adieu Aaricia ce que l’on espérait. A savoir un récit qui s’insère avec naturel dans l’univers créé par Rosinski et Van Hamme (avec l’omniprésence des Baalds ; le retour du serpent Nidhogg, éternel adversaire de Thorgal ou encore l’utilisation de l’anneau d’Ouroboros…) tout en parvenant à nous surprendre (en plus de ce Thorgal vieillard, il y a cette fin…inattendue). Le défi était pourtant de taille mais Recht l’a relevé avec brio, avec une magnifique idée scénaristique : confronter le Thorgal adolescent encore impétueux et impulsif, à un Thorgal septuagénaire, fatigué (il doit faire des pauses lors des longues marches…) mais plein de sagesse et les réunir (alors que le corps d’Aaricia brûle encore sur son drakkar au milieu du fjord, le serpent Nidhogg apparaît à un Thorgal dévasté d’avoir perdu sa bien-aimée et lui offre la possibilité, grâce à l’anneau magique d’Ouroboros, de repartir dans le passé pour revoir Aaricia…) pour sauver Aaricia du piège tendu par Nidhogg…

Sous les crayons de Recht (qui parvient aussi, graphiquement parlant, à rester dans l’esprit du travail de Rosinski, notamment avec ces nombreux aplats de noir qui rendent l’ensemble sombre, tout en gardant sa personnalité), les personnages prennent littéralement vie (Gandalf le fou se montre ici digne de son surnom, Thorgal est parfait en vieux sage et Recht offre une jolie trouvaille avec le personnage de Skraeling, l’esclave noire) et c’est comme si on n’avait jamais quitté les fjords du Northland…

Un one shot très réussi, superbe hommage à l’œuvre de Rosinski et Van Hamme en même temps que réflexion personnelle sur la notion de destin. Du coup, on attend avec impatience le prochain Thorgal Saga, prévu pour 2024 et qui sera signé par le duo Fred Duval/Corentin Rouge !

(Récit complet, 112 pages – Le Lombard)

sullivan:
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