stereozorDès le premier riff, on sent que Fugazi a laissé une empreinte indélébile sur Stereozor, trio limougeaud dans lequel on retrouve un ex-Bushmen à la batterie, et deux ex-Heatseeker (basse+guitare/chant). Le chant rentre, plus mélodique, la guitare noisy continue sa confrontation, la basse tourne… on penserait presque à Quicksand ou Jawbox. Ce « Skudy Dank » puis « Steel » marquent des points d’entrée de jeu. Je sens que ce disque a quelque chose en plus des autres trucs qui s’empilent sur mon bureau. Mais le groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et ne se laisse pas étiqueter si facilement. Il n’hésite pas à prendre les chemins de traverse, apaiser ses attaques, dériver, citer Skull Defekt dans ses références (« Extic Bored »)… Et l’air de rien, en trois morceaux techniques et joliment ficelés, le groupe, que je découvre avec ce disque, vient me convaincre de ne pas les oublier. Puis « Daven » et « All First Wild » change à nouveau de cap et partent flirter vers Burning Airlines. Même confrontation entre un chant mélodieux et une musique plus exigeante, énergique mais jamais bourrine. Pari plus difficile sur lequel plus d’un se sont brûlés les ailes, mais le trio le réussi haut la main (petite préférence pour « Daven »). Stereozor montre à quel point ils aiment la pop (musclée) sans pour autant devenir niais ou mou. Bravo. Le dernier titre, « Psychotic Mug », dérive vers des contrées plus hasardeuses, mais pas assez pour nous faire douter. Sterozor, malgré son nom, est une des belles surprises du moment.