BD. Quand Louis arrive chez Agathe, après avoir passé une nuit à la belle étoile imprévue, ce n’est pas elle qui l’accueille mais un couple qu’il ne connait pas, Lydia et Samuel. C’est ensuite au tour de Jalil de faire son apparition, puis Suzanne et enfin Nicolas, eux aussi invités. Mais toujours pas d’Agathe ! Et pour cause, elle est morte, noyée dans la Loire, quelques jours auparavant et l’une de ses dernières volontés était de réunir ceux avec qui elle a fait un bout de chemin dans sa vie, sur les bords de ce fleuve, non loin de l’endroit où ses cendres ont été dispersées…Pourquoi ? Ca, c’est à Louis, Jalil, Suzanne et Nicolas de le découvrir…
Après Le Droit du sol, il est finalement logique que Davodeau ait enchainé avec un récit comme Loire. Le livre porte en effet en lui la même envie, la même volonté : nous donner à voir, avec ses nombreuses scènes contemplatives (différents plans de la Loire et ses visiteurs -oiseaux, poissons, humains- à différents moments de la journée), entièrement muettes, la beauté de la nature et nous enjoindre à prendre notre temps pour nous balader le long des rives avec ses proches, pour piquer une tête dans l’eau avec les enfants aux heures les plus chaudes ou, simplement, regarder le ballet des oiseaux qui pêchent. Faire d’un fleuve le personnage principal est une idée incroyablement originale mais encore fallait-il réussir à l’intégrer à un scénario qui tienne la route. C’est ce qu’a fait Davodeau en trouvant l’idée, chouette, d’Agathe, qui, de par sa dernière volonté, va réunir 6 quasi-inconnus (ainsi que la fille et la petite-fille d’Agathe qui font leur apparition à mi-chemin…) sur les bords de ce fleuve magnifique qui ne vont rien avoir à faire d’autre que de parler d’Agathe, se découvrir, préparer les repas ensemble ou partager une bouteille de vin avec le fleuve sous leurs yeux…Quelques jours passés ensemble desquels ressort un bel humanisme (qui irrigue l’ensemble de l’œuvre de l’auteur d’ailleurs) qui s’amuse des hasards et des tours que nous joue la vie, qu’il faut prendre comme elle vient, nous dit Davodeau, tout comme les gens que l’on rencontre, l’expérience de la vie étant trop complexe pour que l’on puisse s’aventurer à les juger. Un livre atypique (et c’est ce que l’on aime avec cet auteur, ces formes narratives singulières, hybrides, qui sortent des sentiers battus), ode à la vie, à la nature et aux petits plaisirs que toutes deux nous offrent et qu’il faut savoir saisir, très joliment mis en images avec, notamment, ces beaux paysages aquarellés qui reviennent, comme un leitmotiv, dans l’histoire. Bref, vous l’avez compris, Loire a beaucoup de charme !
(Récit complet, 104 pages – Futuropolis)



