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L’AUTOROUTE DU SOLEIL (Baru)

BD. Nous sommes en 1991 et Baru vient de gagner le prix du meilleur album à Angoulême pour Le Chemin de l’Amérique. Les responsables du magazine japonais Morning, tiré à plus d’un million d’exemplaires par semaine, demandent à le rencontrer pour lui proposer de collaborer avec eux. Ce sera L’Autoroute du soleil, en fait l’intrigue principale de Cours, camarade sorti 3 ans plus tôt, un 48 pages paru chez Albin Michel, dont l’auteur n’est pas satisfait, que Baru reprend et développe, cette fois, sur plus de 440 pages. Le récit n’aura finalement pas un grand succès au Japon, mais sortira aussi en Europe chez Casterman en 1995 et obtiendra, de nouveau, l’Alph-Art du meilleur album à Angoulême l’année suivante. L’éditeur vient de le rééditer avec une nouvelle photogravure des planches originales, une couverture flambant neuve, une belle jaquette marque pages et quelques bonus, dont une préface signée par l’auteur et un épilogue inédit en album. L’occasion de (re)découvrir ce titre emblématique de Baru, bien ancré (comme souvent) dans sa région d’origine. La Lorraine de la sidérurgie où les pères de famille originaires de Pologne, d’Ukraine, d’Algérie ou d’Italie (comme les Baruléa, la famille de Baru) étaient fiers d’aller travailler aux hauts fourneaux. Une Lorraine où le communisme était synonyme de solidarité, de justice sociale et de combat contre les fachos. Karim et Alexandre sont les enfants de ces travailleurs-là. Les 2 jeunes hommes (Alexandre n’a pas encore 18 ans) ne demandent pas grand chose, à part s’amuser. Et quand on a la belle gueule de Karim, ce n’est pas compliqué de séduire les femmes. Sauf qu’un jour, il a la mauvaise idée de coucher avec la femme de Faurissier, le candidat de l’Elan national français aux élections régionales. Vexé et humilié que sa femme le trompe avec un « raton », le cocu appelle les sbires du parti facho à la rescousse et se lance à la poursuite des deux hommes qui ont pris l’autoroute du soleil pour fuir vers le Sud…

Un road-movie qui a certes un peu vieilli (il est sorti il y a plus de 30 ans) mais qui reste bien sympathique à lire. On y retrouve avec plaisir le style graphique (un trait direct sans fioriture qui recherche avant tout la spontanéité) de Baru, notamment ses tronches inimitables, souvent en train de rire à pleines dents, et cet engagement contre les fachos de tout poil dont on a malheureusement toujours autant besoin 30 ans après !

(Intégrale, 448 pages – Casterman)

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