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THORGAL SAGA La Déesse d’Ambre (Mangin/Bec)

BD. Thorgal a quitté momentanément son île pour aller acheter une chèvre laitière sur le continent. Mais le grand marché a attiré des brigands. Attiré par les cris d’une femme attaquée, Thorgal lui vient en aide et met en fuite les voleurs. Pour le remercier, Ingrid lui offre l’un des colliers d’ambre qu’elle était venue vendre depuis son lointain village. De retour auprès des siens, Thorgal offre le collier à sa bien aimée. Mais quand Jolan, intrigué, décide de l’observer alors que ses parents sont occupés ailleurs, il tombe aussitôt dans un profond sommeil. Persuadé que la jeune femme est une sorcière, Thorgal prend la mer pour aller la retrouver et la forcer à lever son maléfice…

Depuis le lancement de ce spin-off Thorgal saga et son premier épisode, très réussi, signé Recht, on accueille avec grand plaisir chacune de ses nouvelles sorties. Curieux, notamment, de voir comment les auteurs qui rejoignent l’aventure vont s’en sortir. Cette fois, c’est Christophe Bec, touche à tout, qui s’y colle. Et il a proposé à Valérie Mangin, scénariste, notamment de Trois Christs, d’Inhumain et des nouveaux Alix, et amie de longue date, de le rejoindre sur le projet, histoire d’apporter, pour la première fois depuis le début de Thorgal saga (et de Thorgal tout court d’ailleurs), une sensibilité féminine. Un choix gagnant car si le scénario est plutôt classique (avec notre héros toujours aussi prompt à aider la veuve et l’orphelin et qui ferait l’impossible pour protéger sa famille), son côté féministe apporte un vent de fraîcheur bienvenu car dans La Déesse d’Ambre, les femmes de ce village se révoltent, aux côtés de leur déesse Huldra, contre les hommes, coupables de meurtrir la Terre, par cupidité, afin d’extraire de l’ambre de ses entrailles pour devenir riche, quand bien même cela met en danger Huldra (l’ambre est la manifestation physique de la déesse et de son royaume dans le monde réel) et la planète…

Un récit féministe donc (ce sont les femmes qui font preuve de sagesse et agissent pour défendre la déesse) mais aussi écologique, bien sûr, avec cette jolie figure de la déesse d’Ambre, allégorie de la planète. Au scénario bien ficelé, emmené par une narration parfaitement huilée et porté par le magnifique travail de Bec. Le dessinateur crève en effet ici l’écran avec son trait d’une grande finesse. Très léché (le nombre de petits traits pour créer ombres et reliefs est impressionnant), son dessin est d’une précision mais aussi d’une expressivité remarquables. Un travail graphique parfaitement mis en valeur par le grand format de l’édition (très belle, elle propose quelques dessins doubles pages -des paysages grandioses- du plus bel effet) du Lombard et par la mise en couleur, magnifique également, de Gaétan Georges. Mission (joliment) accomplie par Bec et Mangin : « leur » Thorgal s’inscrit parfaitement dans l’univers créé par Van Hamme et Rosinski tout en ayant sa personnalité propre.

(Récit complet, 112 pages – Le Lombard)

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